Parmi les stratégies diététiques visant à faire perdre du poids, les régimes pauvres en glucides et riches en protéines sont largement répandus mais leur innocuité reste très débattue. Ainsi certaines études suggèrent que ces régimes, bien qu’apparemment efficaces sur la régulation pondérale à court terme, auraient des effets néfastes, en particulier cardiovasculaires. Toutes les conclusions des travaux dans ce domaine ne sont pas consensuelles, d’où l’intérêt de cette étude sur une cohorte de 43 396 Suédoises, dont le « devenir cardiovasculaire » a été suivi durant une moyenne de 15,7 années et mis en perspective avec un éventuel régime alimentaire riche en protéines et pauvre en glucides.

Ainsi, et après avoir contrôlé un certain nombre de facteurs confondants (dont l’âge et les apports caloriques totaux), les auteurs de cette série ont pu mettre en évidence que des apports accrus en protéines et réduits en glucides augmentaient le risque de survenue d’événements cardiovasculaires. De manière chiffrée, 20 g de glucides en moins et 5 g de protéines en plus chaque jour élèveraient de 5% le risque cardiovasculaire global, ces données suivant un profil régulier de courbe « exposition-réponse ».

Ces résultats apparaissent médicalement plausibles dans la mesure où, lors de ces régimes hypoglucidiques-hyperprotéinés, les apports en fruits, légumes et céréales entières, considérés comme protecteurs; sont réduits et que les viandes et autres protéines animales, dont l’excès est néfaste, voient leur place accrue. À cet égard, les investigateurs ont évalué l’impact de l’origine animale ou végétale des protéines alimentaires sans pouvoir mettre en évidence de différence significative entre les 2 types de protéines.

Pour les auteurs, cette étude apporte donc des éléments supplémentaires invitant à la plus grande prudence vis-à-vis de la pratique au long cours des régimes amaigrissants riches en protéines et appauvris en glucides, a fortiori sans optimisation qualitative de ces protéines dans le sens d’une prépondérance des protéines végétales.

Low carbohydrate-high protein diet and incidence of cardiovascular diseases in Swedish women: prospective cohort study.

Lagiou P., Sandin S., Lof M., Trichopoulos D., Adami H.O., Weiderpass E.

BMJ, 2012, vol. 344, pp. e4026.




 

Auteur : LAGIOU P

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 50 - Décembre 2012 - N50009 (Réf. 4754)