Peut-on relier la plus grande sensibilité des enfants au saccharose au niveau de deux régions antérieures de la langue, à une plus grande densité locale des papilles fongiformes et des pores gustatifs ? Une étude quantitative a comparé ces caractéristiques anatomiques chez vingt enfants de 8-9 ans et vingt adultes de 18-30 ans. Des enregistrements de vidéomicroscopie ont montré que dans les deux zones de 9 mm3 étudiées, les enfants ont des papilles fongiformes plus rondes et significativement plus petites que celles des adultes (de l’ ordre de 70 % et 76 % de la taille adulte selon les régions). En revanche, elles sont présentes en densité supérieure d’ un tiers chez l’ enfant. Le système gustatif périphérique de l’ enfant semble donc en cours de maturation. Quant aux pores gustatifs, colorés par du bleu de méthylène, ils sont aussi plus petits chez l’ enfant. Leur nombre par papille n’ est pas significativement différent de celui qui est mesuré chez l’ adulte et, si l’ on se rapporte à la surface de la langue, la densité des pores est donc significativement supérieure chez les enfants (571 pores/cm2 contre 359 chez l’ adulte). Ainsi, la sensibilité accrue au saccharose pendant l’ enfance est bien liée à une densité supérieure à la fois des papilles fongiformes et des pores gustatifs au bout de la langue.

 

Les enfants perçoivent le sucre…grâce aux papilles situées au bout de la langue. JINKS A.L., SEGOVIA C., LAING D.G., HUTCHINSON I. Developmental Brain Research, 2002, 138 : 135-46

Auteur : AL Jinks