High-intensity sweeteners and energy balance

Certaines études épidémiologiques évoquent la possibilité d’une association, apparemment paradoxale, entre la consommation d’édulcorants non caloriques et le syndrome métabolique, voire l’obésité. Toutefois, association ne signifie pas obligatoirement relation causale : par exemple, les sujets obèses (dont beaucoup présentent un syndrome métabolique) pourraient être plus enclins à consommer des édulcorants non caloriques que les personnes de poids normal. Une équipe américaine propose un tout autre modèle explicatif faisant appel au conditionnement pavlovien de la régulation du comportement alimentaire, selon lequel le goût et les autres stimuli sensoriels déclenchés par les aliments entraînent une série de réactions hormonales, neurologiques et métaboliques préparant une utilisation optimale de l’énergie disponible. Le goût sucré serait ainsi interprété, au cours de ces réponses physiologiques « céphaliques » comme annonciateur de l’ingestion d’aliments à forte teneur énergétique. Avec les édulcorants non caloriques, le goût sucré perdrait ce caractère prédictif. Les réponses céphaliques s’en trouveraient dégradées et il en résulterait une augmentation des quantités ingérées lors de la consommation d’aliments réellement sucrés et denses en énergie. À l’appui de leur théorie, les chercheurs américains rapportent que, chez le rongeur, la consommation d’aliments contenant de la saccharine s’accompagne, comparativement à la consommation d’aliments sucrés, d’une augmentation des quantités ingérées, d’une prise de poids, d’une accumulation de tissu adipeux et d’une moindre compensation énergétique (régulation de la quantité globale de calories consommées d’un repas sur l’autre).


High-intensity sweeteners and energy balance. MARTIN A.A., DAVIDSON T.L., SWITHERS S.E. Am J Clin Nutr, 2010, 100, 1 : 55-62

Auteur : MARTIN, A.A.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 41 - Septembre 2010 - N41011