Une étude récemment publiée dans l’American Journal of Agricultural Economics, a évalué l’impact d’une taxe sur les boissons sucrées sur la consommation de produits alimentaires aux Etats Unis. Les auteurs ont pris comme hypothèse une augmentation de prix d’un demi-centime par once (soit 17,6 cents par litre), soit 10 cents par bouteille de soda de 560 mL. A partir des données d’achat d’un panel Nielsen de 2006, ils ont évalué les conséquences de la taxe sur la consommation de 23 autres aliments et boissons, les apports en calories, lipides et sel, et sur le bien être.

Selon cette simulation économique, une taxe sur les boissons sucrées pourrait réduire faiblement l’apport calorique total. Cependant, la réduction des achats de boissons sucrées taxées amènerait les foyers à consommer davantage de sel et de lipides provenant d’autres sources alimentaires non taxées.

L’étude s’est également penchée sur les différences de comportement d’achat entre les foyers à faibles et à hauts revenus. Comparativement aux foyers les plus aisés, les foyers à faibles revenus tendent à acheter des aliments qui contiennent davantage de calories, de graisses et de sel.

La diminution de l’apport calorique serait plus importante pour ces ménages à faibles revenus mais s’accompagnerait également d’une perte plus élevée de bien-être.

Selon l’auteur principal (Chen Zhen, économiste) : « Instaurer une taxe sur les boissons sucrées peut être une option intéressante de la politique de santé publique pour lutter contre l’obésité, mais ce n’est pas aussi facile d’utiliser les taxes pour lutter contre l’obésité que pour le tabagisme […], la réduction des calories n’est qu’une des nombreuses façons de promouvoir une alimentation saine et de réduire les maladies chroniques liées à la nutrition ».


Predicting the effects of sugar-sweetened beverage taxes on food and beverage demand in a large demand system.

Zhen C, Finkelstein EA, Nonnemaker JM.


Auteur : ZHEN C

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 55 - Mars 2014 - N55012 (Réf 4530)