Des édulcorants dits non caloriques, apportant une saveur sucrée sans pratiquement aucune calorie ont été proposés comme aide à la gestion du poids chez les sujets obèses. Leur absence d’effet sur le métabolisme du glucose fait actuellement l’objet de nombreux débats. D’où l’intérêt de cette étude qui a cherché à évaluer l’impact physiologique de la prise orale d’un édulcorant, le sucralose, en préalable à un test de charge glucosée. L’échantillon était constitué de 17 volontaires obèses, non insulinorésistants et surtout non consommateurs habituels de cette substance sucrante, afin de prévenir d’éventuelles répercussions métaboliques liées à une consommation usuelle d’édulcorants. Le protocole randomisé et en cross-over prévoyait la réalisation à 7 jours d’intervalle de deux épreuves de charge glucosée sur 5 heures, 10 minutes après l’ingestion d’une solution de sucralose (concentration correspondante à celle des boissons light classiques) ou d’eau pure.

L’analyse des profils glycémique et hormonaux (insuline, glucagon, C-peptide, GLP-1 et GIP) a montré que le sucralose entraînait, en post charge, un accroissement du pic glycémique, du C-peptide, de l’insulinémie et de l’aire sous la courbe d’insulinémie, ainsi qu’une baisse de la clairance de cette hormone. Par ailleurs, l’indice d’insulinosensibilité est apparu réduit après ingestion d’édulcorant. Ces données suggèrent que le sucralose pourrait générer un effet métabolique sur la physiologie du glucose indépendamment du glucagon non modifié dans les deux conditions expérimentales mais aussi une insulinorésistance. Une autre hypothèse avancée par les auteurs évoque une implication des récepteurs intestinaux à la saveur sucrée mis en jeu par l’édulcorant dans la régulation métabolique de l’insuline et notamment sa clairance.

Bien que d’autres études soient nécessaires pour approfondir ces résultats, les auteurs concluent que la prise de sucralose par des sujets obèses non consommateurs habituels n’apparaît pas comme métaboliquement neutre.

Sucralose Affects Glycemic and Hormonal Responses to an Oral Glucose Load.

Pepino MY, Tiemann CD, Patterson BW, Wice BM, Klein S.

Diabetes Care. 2013 Sep;36(9):2530-5

 



Auteur : PEPINO MY

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Brèves Nutrition N° 53 - Septembre 2013 - N53008 (Réf. 4497)