N01001 Analyse commentée La réponse glycémique post-prandiale a été très étudiée en raison de l’importance que représente le contrôle glycémique chez le patient diabétique. Il est aujourd’hui bien admis que des aliments contenant des quantités identiques de glucides peuvent produire des réponses glycémiques différentes. L’index glycémique (IG) est un moyen qui permet de classer les aliments selon l’importance de la réponse glycémique qu’ils produisent, et ainsi d’aider au conseil diététique. Cependant, l’IG ne prend pas en compte la réponse insulinémique. Les facteurs qui modifient la réponse insulinémique post-prandiale n’ont jusqu’alors été que peu étudiés, la sécrétion insulinique étant en effet considérée comme proportionnelle à la glycémie post-prandiale. Cependant la réponse insulinémique n’est pas constamment proportionnelle à laglycémie post-prandiale ou à la teneur en glucides du repas. En effet, plusieurs facteurs insulinotropes potentialisent, lors de l’alimentation, l’effet de stimulation du glucose. Parmi eux figurent le fructose, les acides aminés, les acides gras, ce par l’intermédiaire de la modification de la vidange gastrique et de celle de l’axe hormonal entéropancréatique, en particulier via le Gastric Inhibitory Peptide (GIP), le glucagon et la cholecystokinine (CCK). L’hypothèse de travail de J. Brand-Miller et coll. a ainsi été de vérifier d’une part que la réponse insulinémique post-prandiale n’était pas toujours proportionnelle à la réponse glycémique, et que d’autre part, des nutriments autres que les glucides influencent la réponse insulinémique. Ces auteurs ont comparé chez des sujets normaux (11 à 13 sujets par groupe) la réponse insulinémique postprandiale de portions iso-énergétiques (240 kcal) de 38 aliments appartenant à 6 classes différentes, de façon à déterminer à l’intérieur de chaque classe, les aliments les plus insulinotropes. L’analyse de régression multiple indique qu’une forte corrélation existe entre l’index glycémique et l’index insulinémique sans biais systématique. Cependant, pour une même quantité de glucides, l’index insulinémique a varié significativement tant au niveau de catégories différentes d’aliments, qu’au sein d’une même catégorie (cf. figure ci-dessous). L’index insulinémique a été particulièrement élevé par rapport à l’index glycémique pour certains aliments riches en protéines et en lipides (ex. riz complet = boeuf). D’autre part, l’index insulinémique a été plus élevé pour le pain et les pommes de terre que pour les pâtes. Ainsi, une même quantité de glucides n’entraîne pas forcément une même réponse insulinique. Par analyse de régresion multiple, les auteurs ont estimé que seulement 23% de la différence entre les index insulinémiques des 38 aliments testés étaient expliqués par l’index glycémique, et 10% de plus par l’ensemble des macronutriments : protéines, lipides, sucre, amidon. Ainsi, l’importance du « compartiment intestinal » (vidange gastrique, viscosité et osmolarité digestives,…) doit être pris en compte pour expliquer de telles variations. A la suite de ce travail intéressant, d’autres études devront définir si le concept d’index insulinémique est reproductible dans le contexte d’un repas mixte, cliniquement utile dans le traitement du diabète, de l’hyperlipidémie et du surpoids. L’analyse de la relation existant entre insulinémie post-prandiale, oxydation et stockage des macronutriments doit être poursuivie. Elle permettra de vérifier si des régimes à faible index insulinémiques entraînent une perte de masse grasse supérieure à celle constatée avec des régimes iso-énergétiques d’index glycémiques plus élevés. B. MESSING Professeur de Nutrition clinique, Paris VII

 

An insulin index of foods : the insulin demand generated by 1000 kJ portions of common foods. Holt SHA, Brand Miller JC, Petocz P. Am J Clin Nutr, 1997, 66 : 1264-1276

Auteur : Brand Miller JC