Partant du principe qu’une masse graisseuse importante est associée à une inflammation accrue, cette étude randomisée a testé l’hypothèse que les marqueurs de l’inflammation (CRP et haptoglobine) augmentent et la transferrine diminue chez des individus en surpoids qui augmentent leur consommation de produits au saccharose (70% de boissons sucrées) par rapport à ceux qui consomment la même quantité de produits contenant des édulcorants de synthèse. Après 10 semaines d’intervention sur 44 sujets, la consommation de saccharose a augmenté de 151% dans le groupe saccharose conduisant à une prise de poids de 1,6kg en moyenne et a diminué de 42% dans le groupe édulcorant, menant à une perte de 1,2kg. Les résultats sur les marqueurs en revanche ne sont pas ceux attendus : le saccharose semble avoir peu d’effet sur la CRP induisant une augmentation non significative de seulement 6% (p=0.1). De plus, bien qu’une corrélation positive ait été trouvée entre la consommation de saccharose et l’augmentation d’haptoglobine (p=0,01), il est difficile d’affirmer que cet effet est dû au saccharose et non à l’augmentation concomitante des apports énergétiques qui y est étroitement liée. Quant à la transferrine, supposée être un marqueur négatif de l’inflammation, elle augmente sous l’action du saccharose (p=0,006) ! On peut donc conclure de cette étude qu’une consommation élevée de boissons et aliments sucrés au saccharose, induit des changements des facteurs de l’inflammation certes, mais peu significatifs biologiquement.


Effect of sucrose on inflammatory markers in overweight humans. L.B. Sorensen, A. Raben, S. Sender, A. Astrup. Am J Clin Nutr, 2005, 82, 421-7

Auteur : L.B. Sorensen, A. Raben, S. Sender, A. Astrup

Documents supports :
Brèves Nutrition 28 / Avril 2006 - N28014