Une équipe australienne a analysé les prestations de restauration offertes aux sportifs participant aux Jeux Olympiques d’été au cours des 100 dernières années ainsi que l’évolution des principes alimentaires et idées reçues sur la nutrition du sportif de compétition.
 
Aux Jeux d’Athènes de 1896, les marathoniens se sont vus proposer au petit-déjeuner avant le départ des olives, du fromage, des oranges et du retsina ! Le vainqueur de l’épreuve aux Jeux de Saint Louis en 1904 avait sa recette personnelle, un cocktail de blancs d’œufs, de brandy et d’un peu de strychnine… Dès les années ’20, les premières boissons énergétiques sont proposées aux sportifs  sous forme de poudres chocolatées à base d’orge malté ou de préparations à base de glucose ou de maltose.
 
Au cours de la première moitié du siècle dernier, les mythes alimentaires sont bien ancrés dans le milieu sportif. L’idée selon laquelle la consommation importante de viande pouvait accroître la force musculaire et l’endurance était largement répandue et  les aliments riches en protéines (poisson, viande, abats, œufs, fromage) constituent la base des menus. A titre d’exemple, la ration de viande consommée par les athlètes lors des jeux de Berlin en 1936, était de plus de 800 g par jour pour la moitié des nations présentes !
 
C’est seulement à partir des années ’70 que les aliments riches en glucides occupent une place centrale dans les repas des sportifs alors que les publications scientifiques avaient montré leurs bénéfices bien avant. Par la suite, les repas deviendront plus variés, la disponibilité alimentaire s’accroît et des accords sont signés avec les grands groupes de restauration pour les jeux de Los Angeles en 1984. C’est à partir des jeux de Barcelone en 1992 que la nutrition est mise en avant avec la fourniture d’information nutritionnelles ciblées et des étiquetages nutritionnels sur les produits. Les partenariats avec les grandes marques alimentaires apparaissent lors des jeux d’Atlanta en 1996. Dès  2000, les menus sont mis en ligne sur internet et les conseils deviennent  plus individualisés et  ciblés en fonction de la discipline. En 2008, le premier comité international de nutrition est créé pour superviser la qualité nutritionnelle des menus proposés.
 
Ce travail permet de voir comment – face aux enjeux que représentent les Jeux Olympiques – la nutrition a pris une place prépondérante dans le système de restauration proposé aux sportifs. C’est aussi l’occasion de revoir avec un œil  moderne les  conseils que l’on peut donner aux champions.
 
 
Pelly FE,, O’Connor HT, Denyer GS, Caterson ID. Evolution of food provision to athletes at the summer Olympic Games Nutrition Reviews. Vol. 69 (,) : 321–332, June 2011.