L’accumulation de protéines anormales est un des traits majeurs de différentes maladies neurodégénératives d’apparition tardive. Avec l’âge, les mécanismes de protection, notamment vis-à-vis de la protéotoxicité, deviennent moins efficaces. Nombre de ces processus impliquent des gènes et des voies régulant les métabolismes et la production d’énergie. À cet égard, il a été montré expérimentalement que la restriction des apports caloriques (RC) allongeait la survie d’animaux tests, cette limitation améliorant l’homéostasie du glucose, l’insulinosensibilité et donc, s’avérant favorable à la santé. Pourtant, le glucose constitue le principal carburant des neurones, et des altérations de l’homéostasie de ce nutriment ont été observées dans des maladies telles que la sclérose latérale amyotrophique ou la maladie de Huntington.

Cette expérimentation, menée sur des modèles transgéniques et mutants de nématodes, s’est ainsi attachée à étudier l’impact de la RC et, inversement, de l’enrichissement en glucose du milieu (EG), sur la protéotoxicité.

Les données recueillies ont mis en évidence l’inefficacité de la RC vis-à-vis de la protéotoxicité neuronale, contrairement à l’EG qui a limité le processus. Le métabolisme du glucose (glycolyse) s’est trouvé être indispensable à l’effet protecteur de l’EG. Par ailleurs, les auteurs ont montré que les bénéfices apportés par l’EG, vis-à-vis de la protéotoxicité, étaient déconnectés des effets néfastes potentiels de l’EG sur la longévité et la reproduction. Les effets protecteurs ont, de plus, été observés avec d’autres sucres et ne sont pas apparus liés à une augmentation de la concentration en glycérol, produit du métabolisme du glucose, réputé prévenir l’agrégation de protéines anormales lors d’un stress hypertonique. Concrètement, l’action du glucose s’est manifestée, d’une part au niveau des protéines anormalement repliées dans l’espace, et d’autre part au niveau des conséquences de multiples stress environnementaux.

Ainsi, les auteurs de cette expérimentation ont identifié un rôle protecteur inattendu pour le glucose, joué à l’échelon cellulaire, qui pourrait laisser envisager des stratégies d’enrichissement neuronal en glucose dans le but de limiter la protéotoxicité.

Glucose delays age-dependent proteotoxicity.

Tauffenberger A., Vaccaro A., Aulas A., Velde C.V., Alex Parker J.

Aging Cell, 2012, vol. 11, No. 5, pp. 856-866.




Auteur : TAUFFENBERGER A

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Brèves Nutrition N° 50 - Décembre 2012 - N50006 (Réf. 4751)