Se sentir coupable est un sentiment tout à fait désagréable pour l’individu. En revanche, il pousse l’individu à développer des comportements en faveur de la communauté (prosociaux) pour diminuer sa culpabilité. La culpabilité implique des processus cognitifs qui mobilisent beaucoup d’énergie fournie en grande partie par le glucose. Selon la théorie de l’épuisement de l’ego, l’énergie nécessaire à des tâches mentales est une ressource limitée qui peut être épuisée tout à fait comme un muscle après un effort soutenu. Des recherches antérieures ont ainsi montré que des tâches exténuantes réduisaient le sentiment de culpabilité ce qui diminuait ensuite la volonté d’aider les autres.Le glucose fournit de l’énergie pour de nombreuses tâches de maîtrise de soi. Par conséquent restaurer la glycémie devrait restaurer le sentiment de culpabilité et, par voie de conséquence, le comportement prosocial. Cette étude auprès de 101 collégiens français avait pour but de tester cette hypothèse et secondairement d’examiner le rôle des symptômes du diabète sur le sentiment de culpabilité et les comportements prosociaux. En effet, le diabète est caractérisé par une incapacité à métaboliser le glucose et il a été démontré que les symptômes diabétiques sont positivement reliés à l’agressivité et négativement reliés au pardon.Dans cette étude, les participants ont été répartis en deux groupes. Dans le groupe « épuisement mental », les sujets ont regardé un film sur des animaux qui étaient abattus pour leur viande ou leur peau, sans pouvoir exprimer leur émotion alors que dans le groupe « sans épuisement mental », les sujets ont pu exprimer leurs émotions. Les sujets ont ensuite bu une solution de glucose ou un placebo. Puis, le sentiment de culpabilité a été induit par un jeu au cours duquel une autre personne était punie par des bruits forts et déplaisants chaque fois que le joueur faisait une erreur. Enfin, le comportement prosocial a été mesuré à l’aide d’un jeu de dictateur où les participants pouvaient laisser au participant suivant des tickets de loterie pour le tirage d’un iPod Touch. Les résultats de cette étude ont confirmé que l’épuisement mental réduit la culpabilité alors que le glucose la rétablit. Les sujets épuisés mentalement se sont sentis moins coupables et ont été moins serviables que ceux qui ne l’étaient pas. Le glucose a restauré les ressources du contrôle de soi de telle façon que les participants qui ont reçu une solution de glucose se sont sentis davantage coupables et ont donné davantage de billets de loterie aux participants suivants que ceux qui ont reçu le placebo. En outre, la sévérité des symptômes du diabète a été négativement corrélée au sentiment explicite de culpabilité. Il est vraisemblable que la sévérité des symptômes du diabète a été corrélée à la capacité de mobiliser le glucose du cerveau de telle sorte que ceux qui ont les symptômes diabétiques les moins sévères ont été moins susceptibles de dépenser de l’énergie à réfléchir sur eux-mêmes.

Sweetened blood sweetens behavior. Ego depletion, glucose, guilt, and prosocial behavior.

Xu H, Bègue L, Sauve L, Bushman BJ.

Appetite. 2014 Oct, vol 81 8:11 

 

 



Auteur : XU H

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Brèves Nutrition N° 58 - Décembre 2014 - N58007 (Réf 4570)