Quelles sont les conséquences possibles d’une consommation excessive de fructose, soit libre issu du sirop de maïs, soit combiné au glucose dans la molécule de saccharose ? C’est le thème de cette publication présentée sous forme de questions-réponses.

Le début de l’article replace le fructose dans un contexte historique, rappelant que son utilisation massive aux USA remonte aux années 60 grâce à une nouvelle technologie de préparation qui en a fait un ingrédient particulièrement bon marché.

L’auteur évoque ensuite le métabolisme du fructose qui, contrairement à celui du glucose, n’a pas vocation à couvrir les besoins énergétiques de l’organisme. La majorité de ce monosaccharide passe dans la circulation portale et est transformé par les hépatocytes, au prix d’une consommation d’ATP. Ce métabolisme hépatique contribue aussi à la production de glycogène et d’acides gras. Ainsi, une des conséquences d’apports excessifs en fructose est le risque cardiovasculaire, en relation avec l’augmentation des VLDL, des triglycérides, de l’ApoB 100 et potentiellement des LDL petites et denses, particulièrement athérogènes.

La question d’un possible effet promoteur du fructose sur la prise alimentaire est aussi posée. En effet, le fructose pourrait d’un côté, stimuler les récepteurs gustatifs de la langue et de l’autre, entraîner un moindre effet satiétant lié à de moindres concentrations postprandiales circulantes de glucose, d’insuline et de leptine, mais aussi une plus forte présence de ghréline.

L’auteur développe ensuite la question du lien suspecté entre consommation excessive de fructose et insulinorésistance, voire syndrome métabolique, pour montrer qu’en fait aucun retentissement direct, en dehors d’un modeste effet sur la glycémie et l’insulinémie, n’a été identifié après quelques semaines de très fortes prises de fructose. Cependant les implications sur le très long terme restent à documenter, en particulier pour la moitié des populations occidentales qui ont une consommation importante de ce nutriment.

Pour l’auteur, le fructose à lui seul n’est pas responsable de toutes les maladies métaboliques, ni néfaste pour tous. Les actions de santé publique devraient promouvoir un mode de vie sain dans sa globalité avec activité physique et alimentation équilibrée plutôt que de s’atteler à réduire exclusivement la consommation des sucres.

Q&A: ‘Toxic’ effects of sugar: should we be afraid of fructose ? Tappy L.

BMC Biol, 2012, vol. 10, pp. 42.


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Auteur : TAPPY L

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Brèves Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49006 (Réf. 4736)