Le fructose consommé dans les régimes occidentaux actuels est souvent accusé de favoriser le surpoids et l’hypertension mais sa contribution réelle est incertaine et aucune recommandation nutritionnelle ne porte directement sur le fructose.
 
Une équipe de recherche canadienne a passé en revue de manière systématique les études cliniques, de 7 jours ou plus, portant soit sur l’effet d’un apport supplémentaire en fructose (hypercalorique) par rapport à une alimentation habituelle soit sur l’effet d’une alimentation avec fructose par rapport à une alimentation apportant le même nombre de calorie (isocalorique) mais sans fructose.
 
La méta-analyse concernant l’impact du fructose sur le poids a retenu 31 essais cliniques d’intervention isocaloriques (au total 637 participants) et 10 essais hypercaloriques (au total 119 participants).
Le fructose n’a eu aucun effet global sur le poids corporel au cours des essais isocaloriques. Des doses élevées de fructose dans les essais hypercaloriques (104 à 250 g / jour soit 18% à 97% de l’apport énergétique total quotidien selon les sujets) conduisent à des augmentations de poids (différence moyenne, 0,53 kg avec du fructose) mais cet effet sur le poids est probablement attribuable à l’excès calorique plutôt qu’au fructose en lui-même.
 
Concernant l’impact du fructose sur l’hypertension, la méta-analyse a retenu 13 essais isocaloriques (soit un total de 352 participants) et 2 essais hypercaloriques (soit 24 participants). Globalement, la consommation de fructose, en substitution isocalorique d’autres glucides, a diminué légèrement la pression diastolique et la pression artérielle moyenne. Il n’y avait pas d’effet significatif du fructose sur la pression artérielle systolique. Les essais d’alimentation hypercalorique riche en fructose n’ont trouvé aucun effet significatif du fructose sur la pression sanguine en comparaison avec d’autres glucides.
 
Selon les auteurs, ce serait donc plus l’excès calorique (apporté par du fructose ou non) que le fructose en lui-même qui impacterait le surpoids et l’hypertension. Pour confirmer ces résultats, des essais plus longs et sur des échantillons plus nombreux sont nécessaires.
 
Sources :
Sievenpiper JL, de Souza RJ, Mirrahimi A, Yu ME, Carleton AJ, Beyene J, Chiavaroli L, Di Buono M, Jenkins AL, Leiter LA, Wolever TM, Kendall CW, Jenkins DJ.
Ann Intern Med. 2012 Feb 21;156(4):291-304
 
Ha V, Sievenpiper JL, de Souza RJ, Chiavaroli L, Wang DD, Cozma AI, Mirrahimi A, Yu ME, Carleton AJ, Dibuono M, Jenkins AL, Leiter LA, Wolever TM, Beyene J, Kendall CW, Jenkins DJ.
Hypertension. 2012 Feb 13.