Focusing on food during lunch enhances lunch memory and decreases later snack intake

Des expérimentations menées chez l’animal et chez l’être humain ont mis en évidence le rôle que joue la mémoire dans le comportement alimentaire. En particulier, se rappeler de ce que l’on a mangé récemment pourrait influencer la décision d’une éventuelle prise alimentaire à venir. Par ailleurs, la mémoire est conditionnée par la qualité du processus d’encodage. Ainsi, des stratégies favorisant une bonne mémoire de ce qui a été mangé, pourraient permettre d’assurer un meilleur contrôle de l’appétit.

ET SI LA CONSCIENCE DE CE QUE L’ON MANGE DIMINUAIT L’APPETIT ?

Les auteurs de cette série se sont attachés à valider l’hypothèse selon laquelle des participants, ayant reçu comme instruction de se concentrer sur l’expérience sensorielle éprouvée lors d’un déjeuner, se rappelleraient mieux de ce qu’ils ont mangé et, par conséquent, auraient moins tendance à grignoter durant l’après-midi, comparativement à des sujets n’ayant pas focalisé particulièrement leur attention sur leur repas.

Concrètement, 29 jeunes étudiantes (âge moyen : 20 ± 2,3 ans ; indice de masse corporelle [IMC] = 23,3 ± 0,5 kg/m²) ont été réparties en trois groupes ; deux groupes « intervention » (n = 9) et un groupe contrôle (1 : n = 10 ; 2 : n = 10). Dans le groupe « intervention 1», les participantes recevaient leurs instructions au moyen d’un fichier audio pendant qu’elles prenaient le repas test ; dans le groupe « intervention 2 », il était simplement demandé aux sujets de lire un article de journal traitant d’un sujet sur les aliments ; dans le groupe « contrôle », les participantes se contentaient de prendre le repas test, sans consigne spécifique.

L’humeur des étudiantes était évaluée avant et après le repas, et avant la collation qui était proposée dans l’après-midi suivant le déjeuner, ceci afin d’éliminer un possible impact de l’humeur sur les résultats de l’intervention. En toute fin de test, les investigateurs demandaient aux participantes d’apprécier le degré de mémorisation du déjeuner qu’elles avaient pris sur la base d’une échelle visuelle analogique graduée de « aucun souvenir » jusqu’à « mémoire précise ».

PLUS ON SE SOUVIENT DU REPAS PRECEDENT, MOINS L’ON MANGE AU SUIVANT…

Les résultats de cette expérimentation sont venus confirmer l’hypothèse de travail, à savoir que les sujets du groupe intervention 1 ont significativement moins grignoté de biscuits lors de la session de collation de l’après-midi par rapport aux deux autres groupes. De plus, la sensation de faim, estimée avant le début de la « collation », s’est avérée moins intense dans ce même groupe que dans les deux autres et, de la même façon, la mémorisation du repas précédent était plus précise. Plus généralement, la mémorisation du repas s’est trouvée inversement corrélée au grignotage durant la phase de collation.

Pour expliquer ces résultats, les auteurs éliminent dans un premier temps certaines hypothèses explicatives : dans le groupe « intervention 1 », un plus grand degré de conscience de ce qu’elles mangeaient, lié aux recommandations prodiguées concomitamment, n’apparaît pas être à l’origine des différences observées puisque le groupe 2 bénéficiait aussi de consignes, pouvant élever le niveau de conscience du repas en cours. Dans le même esprit, le fait de manger plus lentement ne semble pas non plus responsable des résultats du groupe « intervention 1 », dans la mesure où le groupe 2 était aussi « distrait » par la lecture de l’article de journal. Le rassasiement sensoriel spécifique n’est pas non plus à envisager car les caractéristiques sensorielles du repas et de la collation étaient tout à fait différentes.

En conclusion, Higgs et al. privilégient l’hypothèse d’un rôle de la mémoire épisodique qui fournirait un contexte permettant à l’organisme d’interpréter les signaux physiologiques associés au statut nutritionnel. La mémoire de ce qui a été ingéré précédemment validerait ainsi ces signaux internes et influencerait la prise alimentaire à venir.


Focusing on food during lunch enhances lunch memory and decreases later snack intake. HIGGS S., DONOHOE J.E. Appetite, 2011, 57 : 202-6

 

Auteur : HIGGS S.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 46 - Décembre 2011 - N46001 (Réf 4685)