Les facteurs de risque psychologiques, sociaux, comportementaux ainsi que le stress jouent un rôle dans le développement de l’obésité chez l’enfant. L’activité physique peut quant à elle avoir un rôle protecteur. L’objectif de cette étude menée en Suisse a été de déterminer l’impact d’une session d’activité physique par rapport à une session d’activité sédentaire sur la consommation et l’équilibre alimentaire après exposition à un stress chez des enfants de 7 à 11 ans, de poids normal et en surpoids ou obèses. Vingt-six enfants de poids normal et vingt-quatre enfants en surpoids ou obèses ont participé à cette étude, chaque groupe étant réparti de façon aléatoire entre les deux types d’activité : activité physique modérée ou activité sédentaire de 30 min. Dans le groupe « activité physique modérée », les enfants ont participé à des jeux de ballon. Dans le groupe « activité sédentaire », les enfants avaient le choix entre la lecture, les jeux de carte ou le dessin. Les enfants ont ensuite été soumis à une épreuve de stress validée d’une dizaine de minutes avant d’être dirigés vers une pièce où ils étaient laissés seuls et autorisés à lire, colorier et à se servir librement dans un buffet. Le buffet était composé de 12 aliments salés et sucrés plus ou moins denses énergétiquement (cacahuètes, pain, chocolat, biscuits, pommes). L’apport calorique et en macronutriments ont été déterminés pour chaque enfant et la dépense et la balance énergétique durant les 4 heures d’études ont été calculées. Les enfants ont également rempli des questionnaires validés afin de mesurer leurs facteurs de risque psychologique (inattention, hyperactivité, labilité émotionnelle) et d’évaluer leur comportement alimentaire. Leurs parents ont également répondu à des questions relatives à leur situation socioéconomique, leur style parental : autoritaire, positif, impliqué… ainsi qu’au comportement de leur enfant.

Les résultats montrent que l’activité physique modérée a été liée à une diminution de 30% du niveau de la balance énergétique chez les enfants de poids normal et de 60% chez les enfants en surpoids ou obèses dans les conditions de stress social. L’énergie dépensée n’a pas été compensée par une consommation plus forte (au contraire, une tendance non significative à la diminution de la consommation dans le groupe « activité physique modérée » a été observée). Aucune différence entre les groupes de poids n’a été notée au niveau de la balance énergétique mais les auteurs ont remarqué que les enfants en surpoids ou obèses choisissaient plus d’aliments denses et salés que les enfants de poids normal.

Les enfants en surpoids ou obèses ont également présenté des scores plus élevés liés à un comportement impulsif, à une conduite restrictive et à un style parental impliquant des punitions corporelles. Le style parental « positif » a semblé lié à une consommation plus faible d’aliments sucrés énergétiquement denses. Cette étude montre ainsi que l’activité physique modérée peut permettre de diminuer la balance énergétique et la consommation d’aliments denses après un stress aigu chez les enfants, et en particulier chez les enfants en surpoids ou obèses. Il serait intéressant de vérifier ces effets sur une plus longue période après l’exposition au stress. Le style parental positif semble être un facteur de prévention limitant la consommation d’aliments réconfortant suite à une situation de stress.

Impact of physical activity on energy balance, food intake and choice in normal weight and obese children in the setting of acute social stress: a randomized controlled trial.

Horsch A, Wobmann M, Kriemler S, Munsch S, Borloz S, Balz A, Marques-Vidal P, Borghini A, Puder JJ.

BMC Pediatr. 2015 Dec;15(1):326. doi: 10.1186/s12887-015-0326-7. Epub 2015 Feb 19.

Auteur : HORSCH A

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Brèves Nutrition N° 60 - Juin 2015 - N60012