La restriction alimentaire serait fortement associée à l’adiposité chez les personnes de poids normal mais pas chez les sujets en surpoids. En effet, les données concernant le comportement alimentaire et les mesures d’adiposité (index de masse corporelle (IMC), circonférence de taille, épaisseur du pli cutané, % de masse grasse) de 466 adultes et 271 adolescents suivis pendant 2 ans dans l’étude longitudinale Fleurbaix Laventie II ont été analysées. Le comportement alimentaire était évalué en début et en fin d’étude par le 3-Factor Eating Questionnaire qui rendait compte de la restriction cognitive et de l’alimentation incontrôlée et émotionnelle. La restriction alimentaire initiale était significativement corrélée au surpoids pour la circonférence de la taille (p=0,024) et à l’épaisseur des plis cutanés (p=0,031). Chez les adultes de poids normal (n=249), la restriction cognitive initiale était positivement associée à l’IMC (p=0<0,001) et aux autres mesures d’adiposité (de p<0,01 à p<0,001), mais pas chez les adultes en surpoids (n=217, de p=0,08 à p=0,25). Cependant la restriction alimentaire n’était pas prédictive d’une augmentation de l’adiposité avec le temps dans tous les groupes. A l’inverse, un IMC initial plus élevé était associé à une plus grande augmentation de la restriction cognitive chez tous les sujets (β=20,1±4,3, p<0,0001 chez les adultes ; β=21,7±7,0, p<0,003 chez les adolescents et jeunes).

Bien que fortement associée à l’adiposité chez les sujets normo pondéraux, la restriction alimentaire n’induit pas de prise de poids à long terme.


Is restrained eating a risk factor for weight gain in a general population ? de Lauzon-Guillan B, Basdevant A, Romon M, Karlsson J, Borys J.M, Charles M.A, and the FLVS Study Group. Am J Clin Nutr, 83: 132-8

Auteur : de Lauzon-Guillan B, Basdevant A, Romon M, Karlsson J, Borys J.M, Charles M.A, and the FLVS Study Group

Documents supports :
Brèves Nutrition 29 / Octobre 2006 - N29018