La réponse glycémique à l’ingestion de glucose a-t-elle un impact sur l’appétit ?

Les glucides à digestion lente réduiraient l’appétit par leurs effets sur la glycémie post-prandiale et l’insulinémie ; mais la littérature est contradictoire, peut-être en raison de l’impact d’autres facteurs que la glycémie en tant que telle, comme les propriétés physiques ou nutritionnelles. Aussi, des auteurs ont étudié la glycémie post-prandiale, l’insulinémie et l’appétit en réponse à la consommation de boissons qui ne différaient que par le type de polymères glucidiques : la maltodextrine (rapidement digérée) versus le pullulan à chaîne moyenne (PCM ; lentement mais complètement digéré) versus le pullulan à chaîne longue (PCL ; non digéré). L’hypothèse était que le PCM, en maintenant la glycémie post-prandiale et l’insulinémie, réduirait l’appétit par rapport à la maltodextrine. Trente-cinq sujets ont réalisé trois tests à une semaine d’intervalle. Ils buvaient, après tirage au sort, une des boissons contenant 15 g de polymères de glucides. Les résultats montrent que la variation glycémique était plus faible avec le PCL, plus forte avec la maltodextrine, et intermédiaire et plus prolongée avec le PCM. L’augmentation de l’insulinémie était la plus élevée avec la maltodextrine, moins élevée avec le PCM mais sans différence significative, et beaucoup plus faible avec le PCL. Il n’y avait pas de relation significative entre l’appétit global et les réponses glycémiques et insuliniques. Par rapport à la maltodextrine, l’appétit dans les 2 heures suivant l’ingestion était significativement moindre avec le PCL mais pas avec le PCM. Les auteurs concluent que les réponses glycémiques en tant que telles ont des effets minimes sur l’appétit quand elles sont testées avec des polymères glucidiques qui ne diffèrent que par leur taux et leur niveau de digestion.


 

La réponse glycémique à l’ingestion de glucose a-t-elle un impact sur l’appétit ? Peters H.P., Ravestein P., van der Hijden H.T., Boers H.M., Mela D.J. Eur J Clin Nutr, 2011, 65 : 47-54



Documents supports :
Brèves Nutrition N° 44 - Juillet 2011 - N44008