Les données de consommation alimentaire issues des enquêtes nationales relèvent assez clairement les différences quantitatives et qualitives des apports en macronutriments entre les groupes enfants/adolescents et adultes.

Pour les glucides et en particulier pour les glucides simples, on constate que leur proportion dans l’apport énergétique est en moyenne toujours plus élevée chez les enfants que chez les adultes. La question encore non résolue est de savoir si ces différences correspondent à un effet d’âge ou bien à un effet de génération.

Une équipe de l’Université de Washington apporte un élément de réponse plutôt nouveau en s’appuyant sur l’étude des préferences alimentaires. Un ensemble de 143 enfants de 11 à 15 ans a été réparti en deux groupes de forte et faible préférence au sucré, sur la base de leur profil d’hédonicité, du seuil de détection et de l’intensité perçue pour différentes solutions sucrées. Les variables analysées étaient pour ces 2 groupes la concentration plasmatique de plusieurs hormones, la présence d’un biomarqueur de la croissance osseuse dans les urines, la taille et le poids, le stade pubertaire et les habitudes alimentaires.

Une plus forte teneur du marqueur de la croissance osseuse a été observée dans le groupe des fortes préférences pour le sucré. Les auteurs suggèrent que le changement de préférence pour le sucré à l’adolescence pourrait ainsi être associé à l’arrêt de la croissance osseuse.

Une nouvelle piste pour mieux interpréter les évolutions des consommations alimentaires avec l’âge…


A marker of growth differs between adolescents with high vs. low sugar preference. COLDWELL S.E.a, OSWALD T.K.a, REED D.R.b, Physiology and Behavior, 2009, 96,4-5 :574-580


aUniversity of Washington, Dental Public Health Sciences, Seattle, WA 98195-7475, USA
bMonell Chemical Senses Center, Philadelphia, PA 19104, USA

Auteur : Coldwell SE et al