Les recherches ont étudié le rôle de distractions telles que la télévision ou les interactions sociales et environnementales sur la consommation alimentaire. Les études se sont essentiellement focalisées sur la consommation alimentaire concomitante plutôt que sur la consommation au repas suivant. Un comportement de restriction alimentaire peut également influencer la prise alimentaire. L’originalité de cette étude est d’évaluer à la fois l’effet de trois types de distractions et l’influence de la restriction sur l’envie de manger et la consommation alimentaire au repas suivant. L’hypothèse testée était que les mangeurs restreints seraient plus sensibles à la distraction que les consommateurs non-restreints. 60 femmes adultes ont consommé une barre de céréales en regardant la télévision, ou en marchant ou encore en conversant avec un collègue. Après cette intervention, elles ont rempli un questionnaire puis ont participé à un test de dégustation où leur consommation alimentaire a été évaluée.

Globalement, les différents types de distraction n’ont pas influencé significativement le désir de manger ou la consommation alimentaire au repas suivant. Par ailleurs, les résultats n’ont pas montré d’effet de la restriction alimentaire de façon générale. Cependant, les sujets restreints ont mangé plus au repas test après avoir mangé la barre de céréales en marchant qu’en regardant la télévision ou en conversant : ils ont consommé plus de calories et plus de chocolat.

Par conséquent, les résultats de cette étude suggèrent que manger en marchant peut désinhiber les sujets restreints entraînant une surconsommation au repas suivant. Cette désinhibition s’expliquerait soit par la distraction occasionnée par la marche soit par le fait que les sujets voient la marche comme une justification à surconsommer.

Distraction, restrained eating and disinhibition: An experimental study of food intake and the impact of ‘eating on the go’.

Ogden J, Oikonomou E, Alemany G.

J Health Psychol. 2015 Aug 20. [Epub]


Auteur : OGDEN J

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Brèves Nutrition N° 62 - Décembre 2015 - N62004