L’augmentation de l’obésité et des maladies métaboliques liées à l’alimentation a accru l’intérêt pour l’alimentation paléolithique. Etonnamment, il n’y a pas de consensus sur la composition quantitative de l’alimentation paléolithique. Quoique le passage d’une alimentation majoritairement végétale à une alimentation en grande partie carnée ait été considéré comme un facteur majeur des changements évolutifs, il est difficile de reconstituer la composition de l’alimentation ancestrale.

De nombreux éléments doivent être pris en compte, tels que l’évolution de la taille du cerveau et du corps sur les deux derniers millions d’années, la disponibilité alimentaire, les restes d’aliments trouvés sur les sites archéologiques, l’utilisation d’isotopes stables et d’autres marqueurs biomoléculaires, l’évaluation de la physiologie humaine et des besoins nutritionnels.

Les auteurs de cette publication considèrent que les glucides végétaux et la viande sont des composants alimentaires essentiels et complémentaires de l’évolution humaine. L’amidon des aliments végétaux est essentiel pour satisfaire les besoins métaboliques accrus d’un cerveau en croissance, d’une reproduction prospère et d’une capacité aérobique augmentée.

Ils ont formulé l’hypothèse que les gènes de l’amylase salivaire (AMY1) et éventuellement de l’amylase pancréatique se seraient sélectivement multipliés quand la cuisson se serait répandue. Pour évaluer l’importance des glucides alimentaires dans l’évolution humaine, les auteurs ont considéré des estimations de l’époque de l’utilisation du feu pour la cuisson, du besoin physiologique de glucose alimentaire, de l’efficacité des α-amylases pour digérer l’amidon natif et cuit et des origines de la variation du nombre de copies (VNC) des gènes de l’amylase salivaire.

Ils apportent la preuve que l’amidon cuit, source de glucose, a augmenté la disponibilité énergétique des tissus humains à forte demande en glucose tels que le cerveau, les globules rouges et le fœtus en développement. Ils mettent l’accent sur le rôle auxiliaire que la VNC des gènes de l’amylase salivaire a pu jouer en augmentant la disponibilité du glucose à partir de l’amidon cuit.

Bien qu’il reste des incertitudes sur la période du développement de la cuisson et sur les origines de la VNC du gène de l’amylase salivaire, il semble probable que ces deux phénomènes soient concomitants.


The Importance of Dietary Carbohydrate in Human Evolution 

Hardy K, Brand-Miller J, Brown KD, Thomas MG, Copeland L

The Quarterly Review of Biology. 2015 Sept; 90(3):251-68.

Auteur : HARDY K

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 62 - Décembre 2015 - N62010