Si le grignotage est suspecté d’entraîner une surconsommation calorique faute de compensation suffisante lors du repas suivant, la distance du repas et la densité énergétique de l’en-cas devraient alors influer sur la prise de poids. Afin de tester cette hypothèse, 82 sujets jeunes et minces (21,9 ± 0,3 ans, IMC = 20,7 ± 0,2 kg/m-2, dont 16 hommes) ont aléatoirement reçu, chaque jour durant 8 semaines, un en-cas correspondant à 25 % des besoins énergétiques, de faible (< 4 kJ/g) ou forte densité énergétique (> 12 kJ/g) au cours du repas ou à 90 minutes d’un repas. Comme l’ont montré des mesures à 1 semaine et à 8 semaines, les 4 groupes ne différaient pas en termes de prise de poids, de changements de composition corporelle, de niveau d’activité physique et de consommation énergétique, suggérant que ni le moment de la consommation, ni la densité énergétique de l’en-cas n’ont d’influence sur les variations de poids corporel. La seule prise de poids significative a été observée dans le groupe consommant l’en-cas le plus dense au cours d’un repas (60,3 ± 6,6 kg à 60,9 ± 7,0 kg, p = 0,004). Grignoter un en-cas à forte densité énergétique ou non ne contribue donc pas nécessairement à une prise de poids. Toutefois, les sujets de l’étude consommaient habituellement des en-cas et étaient donc peut-être habitués à compenser par des apports réduits au cours des repas. De plus, ces résultats observés chez des sujets jeunes et minces durant 8 semaines doivent être confirmés à long terme chez des sujets à risque génétique ou comportemental de prise de poids, chez lesquels la compensation n’est peut-être pas aussi efficace.


Effects of snack consumption for 8 weeks on energy intake and body weight. Viskaal-van Dongen M., Kok F.J., De Graaf C. Int J of Obesity, 2010, 34 : 319-26

Auteur : Viskaal-van Dongen M., Kok F.J., De Graaf C.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 40 - Juin 2010 - N40008