Le fructose, dont l’emploi s’est considérablement accru ces dernières décennies, a été incriminé dans la flambée de la prévalence de l’obésité. Il serait, à cet égard, suspecté de favoriser la prise alimentaire et donc la prise de poids.

L’appétit est notamment contrôlé par l’hypothalamus, qui se trouve lui-même pivot d’un réseau intégré de connexions nerveuses, impliquant d’autres régions cérébrales qui interviennent dans la motivation hédonique de la prise alimentaire.

Afin d’évaluer l’impact potentiel du fructose sur la neurophysiologie hypothalamique, les auteurs de cette expérimentation ont eu recours à l’imagerie fonctionnelle (IRMf) pour étudier le flux sanguin cérébral et les connexions fonctionnelles. Selon un protocole randomisé en double aveugle et en cross-over, ils ont soumis deux groupes de dix volontaires sains à deux sessions, distantes d’une semaine à deux mois, comportant chacune 2 IRM fonctionnelles : l’une de base et l’autre après ingestion d’une solution de fructose ou de glucose. En parallèle, des prélèvements sanguins étaient effectués pour des dosages de glycémie, lactate, insuline, leptine, ghréline, peptide YY et GLP-1, avant et à différents moments après l’ingestion de chaque solution. Enfin, les sensations de faim et de satiété étaient estimées subjectivement par une échelle visuelle analogique.

Dans cette étude, l’ingestion de glucose a réduit significativement le flux sanguin hypothalamique, par rapport à celle de fructose. Les zones cérébrales, présentant un flux sanguin diminué, se sont avérées différentes pour le glucose et le fructose, celles correspondant au glucose se rapportant à l’appétit et aux voies de la récompense. De même, la « carte » des connexions neurophysiologiques accrues après ingestion par rapport à l’état basal était différente pour le glucose et le fructose. Enfin, l’ingestion de fructose a produit de moindres pics de glycémie et d’insulinémie par rapport au glucose, mais aussi un taux plus bas de GLP-1, hormone de la satiété.

Il semble au final que le glucose, contrairement au fructose, favorise le flux sanguin et l’activation fonctionnelle de connexions dans des régions cérébrales impliquées dans la satiété.

Effects of fructose vs glucose on regional cerebral blood flow in brain regions involved with appetite and reward pathways.

Page K.A., Chan O., Arora J., Belfort-Deaguiar R., Dzuira J., Roehmholdt B., Cline G.W., Naik

JAMA. 2013 Jan 2;309(1):63-70.




Auteur : PAGE KA

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Brèves Nutrition N° 51 - Mars 2013 - N51007 (Réf. 4767)