Dans un climat de confusion souvent relayé par les médias, Fructose, Saccharose et Sirop de Maïs Riche en Fructose (SMRF) font l’objet de nombreux débats animés, quant à leurs métabolismes et leurs effets respectifs sur la santé humaine. La controverse semble née en 2004, avec la parution dans American Journal of Clinical Nutrition d’un commentaire suggérant un lien potentiel entre la consommation de SMRF et l’obésité, sans pour autant affirmer de relation de causalité. Malgré quelques polémiques sur le sujet, un large consensus scientifique s’est dégagé sur le fait qu’il n’y a pas de différence dans les réponses métaboliques ou endocriniennes provoquées par le HFCS et le saccharose. Cela ne semble pas surprenant étant donné que les deux contiennent des quantités à peu près égales de fructose et de glucose, apportent le même nombre de calories, possèdent le même pouvoir sucrant, et sont absorbés de façon identique dans le tractus gastro-intestinal. Différentes études ont fait appel à des comparaisons entre du « fructose pur » et du « glucose pur », elles sont intéressantes d’un point de vue scientifique, mais ont une application limitée en nutrition humaine étant donné que ces sucres ne sont pas consommés de façon isolée dans l’alimentation humaine. Les grands types d’effets ayant été suspectés lors d’essais et détaillés dans cette publication n’ont pas donné lieu à des réponses univoques : le lien entre ces trois sucres et le risque cardiovasculaire appréhendé par des études de consommation de boissons sucrées n’est pas prouvé. Cela a pourtant amené l’American Heart Association à édicter des recommandations de limitation drastique des sucres ajoutés. De même, l’exposition au risque de syndrome métabolique n’a pas été démontrée pour une consommation de fructose dans les limites de celle de la population générale. Enfin, la lipogenèse de novo, succédant à la consommation conjointe de fructose et de glucose, et menant à l’infiltration hépatique et musculaire par des acides gras libres est observable qualitativement mais semble peu plausible quantitativement. Il semble évident que d’autres essais cliniques randomisés soient nécessaires pour répondre à ces questions. Les auteurs de cette revue concluent en insistant sur l’application d’une méthodologie irréprochable, menées avec des sucres sous leur forme courante et à des niveaux de consommation proches de ceux de la population à laquelle ils se réfèrent.

Sucrose, high-fructose corn syrup, and fructose, their metabolism and potential health effects: what do we really know?

Rippe JM, Angelopoulos TJ.

Adv Nutr. 2013 Mar 1;4(2):236-45.


Auteur : RIPPE JM

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Brèves Nutrition N° 52 - Juin 2013 - N52008 (Réf. 4482)