La question du rôle potentiel du fructose, et par voie de conséquence des sucres contenant du fructose, dans la survenue d’un diabète de type 2, est largement débattue dans la communauté scientifique de la nutrition. En effet, ce monosaccharide, présent dans le saccharose et les sirops de maïs enrichis en fructose, serait responsable d’une accumulation de lipides intracellulaires au niveau du foie, elle-même à l’origine d’une insulinorésistance, aboutissant finalement à la survenue d’un diabète de type 2.

L’article de Livesey G. passe en revue un certain nombre de données de la littérature concernant cette hypothèse et pose en premier lieu deux arguments : d’une part, les effets métaboliques du fructose apparaissent liés à la dose, avec un seuil de 100 g/jour, en-dessous duquel aucun effet néfaste ne semble survenir, et qui pourrait même procurer des bénéfices au niveau de la glycémie et de l’hémoglobine glyquée. D’autre part, l’impact de la consommation de ce glucide sur le poids parait lié à son contenu énergétique, des études d’intervention comparant le fructose avec d’autres glucides à contenu isocalorique, n’ayant pas montré de répercussions différentielles sur le poids. Abordant la question des dépôts de lipides intrahépatiques, l’auteur indique que le fructose n’est probablement pas le seul glucide susceptible d’entraîner ces dépôts et qu’il doit dépasser le seuil de 17 % des apports énergétiques journaliers pour déclencher une accumulation de lipides dans le foie. Livesey achève son article en évoquant les boissons sucrées et l’idée selon laquelle l’installation d’un processus de compensation énergétique, au bout de un à deux ans, viendrait limiter la prise de poids liée à l’augmentation de la consommation de fructose via des boissons sucrées, à seulement un à deux kilo(s). Enfin, les conclusions d’études de cohorte accréditant l’hypothèse d’un risque accru de diabète de type 2, associé à une consommation fréquente de boissons sucrées, sont discutées par l’auteur qui appelle de ses vœux d’autres expériences portant en particulier sur l’impact de la consommation de boissons sucrées.

Is there a dose-response relation of dietary glycemic load to risk of type 2 diabetes? Meta-analysis of prospective cohort studies.

Livesey G, Taylor R, Livesey H, Liu S.

Am J Clin Nutr. 2013 Mar;97(3):584-96.

Auteur : LIVESEY G

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Brèves Nutrition N° 54 - Décembre 2013 - N54014 (Réf 4518)