Le fructose naturellement présent dans les fruits exerce-t-il des effets santé différents de celui ajouté aux boissons ou aliments ? Cette question fait l’objet de débats récurrents dans la communauté scientifique depuis quelques années : certains affirment que les fruits, en tant que matrices alimentaires, pourraient rendre le fructose moins à même d’exercer des effets métaboliques indésirables ; d’autres estiment au contraire que la source et la forme d’apport du fructose importent peu.

Comparer différentes sources de fructose

Pour apporter des éléments de réponse concrets au débat, une équipe australienne s’est intéressée à un marqueur dérivé du métabolisme hépatique du fructose : l’acide urique. Une concentration sanguine chronique trop élevée de cette molécule constitue en effet un facteur de risque de maladies rénales et cardiovasculaires, mais aussi de goutte.

Les chercheurs ont demandé à 64 jeunes adultes répartis aléatoirement en trois groupes de consommer des aliments ou boissons contenant du fructose sous différentes formes et à différentes doses : petite ou grande portion de pomme (i.e. 205 ou 410 g), petite ou grande portion de jus de pomme (i.e. 170 ou 340 ml), boisson avec fructose ajouté. Les grandes portions de pomme, de jus de pomme et la boisson à base de fructose apportaient chacune 26,7 g de fructose. La concentration sanguine d’acide urique était mesurée 30 minutes puis 60 minutes après l’ingestion.

Fruits, jus, ou fructose ajouté : peu de différences

Conclusion principale de l’étude, l’uricémie augmentait de façon similaire dans les 30 minutes suivant l’ingestion de fructose, quelle que soit sa forme d’apport : + 15 µmol/L suite à la boisson avec fructose ajouté, + 17 µmol/L suite à la grande portion de pomme et + 17 µmol/L suite à la grande portion de jus de pomme.

En complément de l’uricémie, les chercheurs ont comparé les élévations de glycémie : l’augmentation la plus faible avait lieu suite à la consommation de la boisson à base de fructose ajouté. La pression artérielle n’était, quant à elle, pas impactée par les différents traitements.  Enfin, comme attendu, les sujets déclaraient une sensation de satiété plus grande suite à la consommation de pomme sous forme de fruits par rapport à son jus.

En somme, dans cette étude à court terme, l’ingestion de fructose conduit à une élévation de l’uricémie, et cet effet semble peu dépendant de la forme d’apport – fruit entier, jus de fruit ou boisson avec fructose ajouté. Un premier éclairage d’intérêt dans le grand débat des effets du fructose sur la santé. Prochaine étape : mieux comprendre les conséquences d’une hyperuricémie sur le long terme.

À retenir :

  • Qu’il soit consommé sous forme de fruit entier, de jus ou ajouté à une boisson, le fructose entraîne une élévation similaire de la concentration sanguine en acide urique. Seule la sensation de satiété s’avère plus grande pour la forme fruits.
  • Des études à plus long terme restent nécessaires pour déterminer dans quelle mesure des variations de l’uricémie affectent la santé.

Source : The effects of apples and apple juice on acute plasma uric acid concentration: a randomized controlled trial. White SJ, Carran EL, Reynolds AN, Haszard JJ, Venn BJ. Am J Clin Nutr. 2018 Feb 1;107(2):165-172.

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Auteur : White SJ

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Brèves Nutrition n°76