« You Say it’s Liking, I Say it’s Wanting … ». On the difficulty of disentangling food reward in man

L’auteur de cette revue s’est fixé comme objectif de détailler un certain nombre de publications basées sur la théorie de Berridge selon laquelle le concept neuropsychologique de « récompense » recouvre deux aspects en matière alimentaire : un aspect hédonique ou «food liking », en étroite relation avec la palatabilité, et qui se réfère au plaisir éprouvé lors de la consommation d’un aliment ; et un aspect motivationnel ou « food wanting », correspondant à la démarche active de recherche alimentaire. Ces deux composantes sont associées à des systèmes neuronaux distincts, la composante hédonique étant médiée par la voie opioïde au niveau de structures limbiques spécifiques, et la composante motivationnelle par les voies dopaminergiques. Des expérimentations animales ont été en mesure, via des lésions neuronales, de dissocier les deux aspects, menant chez l’Homme à l’hypothèse de troubles du comportement alimentaire qui pourraient naître de cette déconnexion. Ainsi, une prise alimentaire pourrait être maintenue et néanmoins sans relation avec une recherche hédonique. Dans la recherche sur l’obésité et les anomalies des conduites alimentaires, la validation d’indicateurs se référant spécifiquement à l’un ou l’autre des deux aspects, s’avère toutefois  délicate. Sur un plan comportemental, un parallèle a été fait avec les conduites addictives vis-à-vis de drogues ou de l’alcool, où se produit une sensibilisation neuronale aboutissant à une consommation compulsive. Dans cet esprit, l’auteur évoque la supposée addiction au sucre qui ne serait pas en cause par elle-même dans la survenue d’une obésité. Selon lui, si une « addiction » est à incriminer, il s’agit plus probablement d’une consommation compulsive d’aliments à forte palatabilité et haute densité énergétique.

Bien que les données animales tendent à confirmer une sensibilisation neuronale dopaminergique, modifiant la prise alimentaire dans le sens d’une prééminence de l’aspect motivationnel sur l’aspect hédonique, en revanche aucune preuve définitive n’a été mise en évidence chez l’Homme. Havermans conclut de son analyse que ces deux composantes sont étroitement corrélées dans les conduites alimentaires et que chercher à les dissocier, n’est peut-être pas un objectif pertinent.


« You Say it’s Liking, I Say it’s Wanting… ». On the difficulty of disentangling food reward in man. HAVERMANS R.C. Appetite, 2011, 57 : 286-94

Auteur : HAVERMANS R.C.

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 46 - Décembre 2011 - N46014 (Réf 4699)