Les études qui permettraient de décrire la place spécifique du père sur le comportement alimentaire des enfants sont peu nombreuses, alors que depuis 40 ans, les pères s’occupent de plus en plus de leurs enfants, et donc en théorie de leur alimentation….

Des spécialistes américains reconnus dans ce domaine et qui ont beaucoup publié sur les styles alimentaires et sur l’interaction mère–enfant, ont tenté de faire une revue de la littérature sur le thème du père. Ils n’ont pu répertorier qu’une vingtaine d’études éligibles sur des critères précis (rôle du père comme étant le principal responsable dans le choix des aliments, recueil des données des mères et des pères bien séparés, études d’observation, etc..). Changement de société oblige, il leur a été difficile d’avoir une définition homogène du père (père biologique, homme vivant au foyer de la mère, grand père, oncle ,…..). Les informations récoltées restent donc limitées et biaisées : population blanche, faible nombre de pères, plutôt d’un bon niveau d’éducation et vivant en famille avec la mère des enfants.

 

Ces études laissent entrevoir qu’une des attitudes paternelles les plus courantes est l’adoption de stratégies de contrôle : quand les pères s’en mêlent c’est pour faire pression sur l’enfant pour manger, surtout s’il est petit mangeur, ou au contraire le restreindre s’il a des problèmes de poids (ce d’autant plus qu’il est en surpoids).

Par ailleurs, des études précédents ont montré que les enfants reproduisent les comportements des personnes qui les entourent : parents et parfois frères et sœurs. L’évolution des préférences peut également être façonnée par certaines attitudes parentales : ainsi, la punition-récompense (du type « si tu manges tes brocolis, tu auras du dessert »), comme la promesse d’un aliment en échange d’une tâche (« Tu auras des biscuits quand tu auras rangé ta chambre ») ou d’une attitude (« Si tu es sage, tu auras un bonbon »), pourront orienter la préférence de l’enfant pour l’aliment-récompense en rendant de façon paradoxale les aliments interdits de plus en plus désirables.

 

D’une manière générale, les pères surveillent moins les apports alimentaires des enfants que les mères et limitent moins l’accès à la nourriture… Si on veut comprendre comment la mutation de notre société influe sur le comportement alimentaire des enfants il est grand temps d’inclure l’attitude des pères dans les futures études .


Source :

Fathers’ child feeding practices: a review of the evidence.

Khandpur N, Blaine RE, Fisher JO, Davison KK.

Appetite. 2014 Jul;78:110-21.