Les expériences menées avec des produits “masqués” suggèrent que les individus ne compensent pas ou peu un apport alimentaire lors du repas suivant. Mais dans la réalité, les consommateurs ne se basent pas uniquement sur leur physiologie pour consommer et disposent en général de beaucoup d’informations relatives aux produits.

Cette étude a évalué l’impact d’une consommation tout au long de la journée de 4 produits présents sur le marché : chocolat noir, chocolat au lait, biscuits sucrés, barres de fruits, vs aucun produit pour le groupe contrôle, sur les repas suivants chez des consommateurs irlandais. Les participants ont reçu alternativement chacun des produits durant 5 jours non consécutifs à raison de 1 portion de 10 g le matin, après le déjeuner, dans l’après -midi et après le diner. Les apports alimentaires du déjeuner et du diner pris au cours de buffets à volonté et l’état de faim préalable ont été mesurés. L’appréciation, la familiarité et l’acceptabilité ont également été évaluées après chaque consommation de produit test à l’aide d’échelles visuelles analogiques.

Les résultats ont montré que les participants ont consommé moins au déjeuner après avoir mangé du chocolat noir, du chocolat au lait et des biscuits sucrés, ce qui montre une bonne compensation énergétique. Cet effet se retrouve sur le cumul des apports entre le déjeuner et le diner et sans différence significative observée entre les 3 groupes. En revanche, cet effet n’a pas été retrouvé pour le groupe affecté aux barres de fruits, ni pour les apports alimentaires du diner seulement et totaux (déjeuner + diner).

Il n’y avait pas de différence d’appréciation entre les produits, seule la familiarité avec les barres de fruits est apparue significativement plus basse que pour les chocolats et les biscuits sucrés.

Ainsi, cette étude suggère que les participants ont ajusté leurs apports d’après leurs connaissances des produits et donc en suivant des influences plus cognitives que physiologiques. Ces résultats tendent à montrer que les expériences réalisées masquées en laboratoire ne peuvent être directement transposées à la vie réelle, en ce qui concerne la gestion du poids.

 

Energy compensation in the real world: Good compensation for small portions of chocolate and biscuits over short time periods in complicit consumers using commercially available foods.

Appleton KM, McKeown PP, Woodside JV.

Appetite. 2015 Feb;85:104-10

Auteur : APPELTON KM

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 59 - Mars 2015 - N59005 (Réf. 4582)