Les auteurs de cette étude se sont intéressés aux liens entre la restriction alimentaire exercée par les parents, le poids de l’enfant et son comportement alimentaire. Ils ont pour cela testé un modèle théorique, prenant notamment en compte comme variables les tailles de portions ainsi qu’une dimension du tempérament alimentaire de l’enfant appelée la réactivité à l’appétit, incluant l’excitabilité (apparition de l’envie de manger : « dès que je pense à la nourriture, j’ai envie de manger »)) et la persistance de l’appétit (maintien du désir de manger ; « après avoir mangé, j’ai rapidement envie de manger »).

Les chercheurs, en s’appuyant sur le CREDOC, ont fait remplir un questionnaire à domicile à 497 enfants d’Ile-de-France âgés de 8 à 11 ans, et à l’un ou leurs deux parents. Ils ont ainsi pu évaluer plusieurs paramètres : la restriction alimentaire maternelle perçue par l’enfant, la réactivité de l’appétit, les tailles de portions alimentaires moyennes, à la fois désirées, servies et réellement consommées par l’enfant, ainsi que l’IMC de l’enfant.

Le modèle confirme que la réactivité de l’appétit de l’enfant impacte positivement sur son IMC et que la restriction maternelle perçue est inversement associée à la portion consommée par l’enfant. Cependant, contrairement à ce qui était attendu, la restriction perçue par l’enfant a des effets ambivalents : elle a un effet positif fort sur la persistance de l’appétit mais un effet négatif inattendu sur l’excitabilité de l’appétit.

Au final, les liens entre restriction alimentaire exercée par les parents et adiposité de l’enfant sont complexes : le contrôle parental peut protéger du surpoids par le biais du contrôle négatif sur l’excitabilité de l’appétit et la taille des portions, mais il peut également être défavorable par un effet positif sur la persistance de l’appétit. Le modèle validé suggère que l’effet de la restriction parentale peut dépendre du tempérament alimentaire de l’enfant : pour les enfants ayant souvent envie de manger, avec une faible persistance du désir de manger, la restriction parentale peut être bénéfique, mais pour ceux qui n’ont pas de forte envie soudaine de manger, avec un maintien du désir de manger élevé ou normal, la restriction est probablement défavorable.

Disentangling the effects of parental food restriction on child’s risk of overweight.
Godefroy V, Champel C, Trinchera L, Rigal N
Appetite. April 2018

Auteur : Godefroy V

Documents supports :
Brèves Nutrition n°71 - Février 2018