Glycaemic index effects on fuel partitioning in humans

L’hypothèse selon laquelle les repas à haut index glycémique (HIG) pouvaient diminuer l’oxydation lipidique et augmenter le stockage des graisses en induisant des réponses glycémique et insulinémique plus élevées, est examinée dans cette revue. Pour cela, les auteurs reprennent les résultats des études comparant les effets de repas ou régimes d’IG divers sur des périodes plus ou moins longues.

Concernant les effets de l’IG sur l’utilisation des substrats, aucune étude à court, moyen ou long terme ne montre de différence sur l’oxydation des glucides et des lipides, si ce n’est, dans l’une des études à court terme, une oxydation lipidique plus faible (p<0,05) avec du riz étuvé moins digestible ; résultat pour le moins inattendu.

Quant au rôle de l’IG dans la régulation du poids corporel, il a été attribué à des effets anaboliques directs de l’insuline ou indirects via des modifications de l’appétit conduisant à des apports énergétiques plus élevés en réponse à des régimes HIG. Notamment, une hyper insulinémie associée à un régime HIG pourrait promouvoir un gain de poids en réduisant l’oxydation des lipides et favorisant le stockage des lipides. Cependant, cette hypothèse n’est pas prouvée puisque aucun effet de l’IG sur l’utilisation des substrats n’a pu encore être démontré. De plus, comme l’ont montré certaines études, même si une variation d’insulinémie modifiait l’utilisation des substrats, cela n’impliquerait pas un changement de la balance énergétique capable d’expliquer les modifications de poids. Concernant l’effet des glucides d’IG différents sur la dépense énergétique, les études voient soit aucune différence, soit une augmentation de la dépense après un repas HIG. De même, les études recherchant les relations entre IG et apport énergétique, ou régulation de l’apport alimentaire, donnent des résultats contradictoires. Enfin, 2 études portant sur les effets de l’IG sur la perte de poids ont montré que des régimes à faible IG induisaient une perte de poids plus importante que les régimes HIG. Cependant, de nombreux biais de méthodologie sont observés dans les 2 études (réponses glycémique et insulinique non déterminées, apport énergétique non mentionné, absence de données concernant les apports alimentaires, la dépense énergétique, le poids et les intervalles de confiance des estimations de balance énergétique, etc.).

En ce qui concerne l’effet de l’insuline sur la suppression de l’oxydation lipidique, il n’a pas été démontré. Cette absence de relation peut s’expliquer par le fait que l’amplitude de la différence d’insulinémie induite par les 2 régimes (HIG vs FIG), est trop faible pour qu’on puisse déceler un effet et/ou que la durée pendant laquelle cette différence n’est pas maintenue pendant un temps suffisant. 

Enfin, une exception a été observée avec les études comparant l’ingestion orale de fructose et de glucose. En effet, la consommation de fructose conduirait à une oxydation lipidique plus basse que celle du glucose, ce qui va à l’encontre de l’hypothèse selon laquelle les glucides de faible IG ont plus d’effet sur l’oxydation des lipides que les glucides d’IG élevés. Ces résultats pourraient s’expliquer par le taux d’oxydation différentielle du fructose au niveau hépatique.

En conclusion, les effets bénéfiques potentiels des régimes à faible IG sur la répartition des substrats ne sont pas encore prouvés et des études ultérieures sont nécessaires pour valider les données actuelles


 

Glycaemic index effects on fuel partitioning in humans. DIAZ E.O., GALGANI J.E., AGUIRE C.A. Eur J Clin Nut, 2006, 60 : 567-72


Auteur : Diaz EO, Galgani JE, Aguire CA

Documents supports :
Brèves Nutrition 29 / Octobre 2006 - N29001