L’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a diffusé lundi 18 juin 2012 un premier rapport d’étape centré sur les femmes enceintes, dans le cadre de son évaluation globale « des risques et bénéfices nutritionnels de l’ensemble des édulcorants intenses ». Cette expertise large concerne l’ensemble de édulcorants intenses (mais non les polyols) et vient compléter un avis de mars 2011 qui examinait deux études portant sur les effets sanitaires de l’aspartame (incidences de cancer chez la souris mâle après administration d’aspartame, Soffritti M. et al., Am J Ind Med, 2010) et l’effet de boissons édulcorées chez des femmes enceintes (Halldorsson et al., Am J Clin Nutr, 2010).

 

« Les données disponibles ne permettent pas de conclure à un effet préjudiciable des édulcorants intenses pendant la grossesse, que ce soit sur la santé de la mère, les paramètres obstétricaux, ou la santé du nouveau-né », explique l’Anses. L’Anses considère donc que de nouveaux travaux sont nécessaires pour compléter l’étude d’Halldorsson et coll. (Am J Clin Nutr, 2010) déjà examinée par l’Anses, qui fait état sur des femmes danoises d’une relation effet-dose entre la consommation de boissons édulcorées et le risque d’accouchement prématuré induit. Concernant le bénéfice en période de grossesse, « l’Anses souligne l’absence d’étude permettant de démontrer le bénéfice nutritionnel propre à cette consommation chez la femme enceinte ». Par ailleurs, l’Agence rappelle que l’autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) devrait achever la réévaluation de la dose journalière admissible de l’aspartame pour fin 2012.