La représentation corticale précoce des stimuli visuels, auditifs et somato-sensitifs est située dans le néo-cortex unimodal. Au contraire, celle des sens gustatifs et olfactifs est située dans le cortex limbique et para-limbique. Ces dernières régions sont considérées comme importantes dans les processus émotionnels et dans la composante affective des stimuli externes. Cependant, bien que de nombreuses études sur les mécanismes de récompense chez l’ animal soient basées sur les aliments, la composante affective et de motivation pour les aliments reste peu explorée. Dans cette étude l’ activité cérébrale induite par la composante affective des aliments a été étudiée par scanographie PET (Positive Electron Tomography) lors de l’ ingestion de chocolat au-delà du seuil de satiété. Ainsi, les modifications du flux sanguin cérébral pouvaient être attribuées à l’ effet de récompense, puisque à la fois le stimulus sensoriel et la prise alimentaire étaient constants. Lors du début de l’ expérience, le fait de prendre du chocolat était en phase avec la motivation des volontaires, mais alors que la satiété était dépassée, le fait de prendre ce chocolat devenait contraire à la motivation. Dans cette expérience, le même geste était donc soit une récompense soit une punition ! Le fait de prendre du chocolat conduisait à une implication différente des régions limbiques néo-corticales ou chémo-sensibles lorsque les volontaires étaient très motivés pour en prendre ou au contraire motivés pour ne pas en prendre. Cette dissociation fonctionnelle était particulièrement nette dans le cortex orbito-frontal (OFC), le flux sanguin diminuant dans l’ OFC médian et augmentait dans l’ OFC latéral lorsque le valeur de récompense du chocolat devenait une aversion. Ce qui indique qu’ il peut y avoir une ségrégation de la représentation neuronale de la récompense et de la punition dans ces régions. Ces résultats suggèrent que deux systèmes de motivation sensoriels distincts co-existent : l’ un gouvernant les attitudes d’ attirance et l’ autre celles d’ évitement.

 

Changes in brain activity related to eating chocolate: from pleasure to aversion. Small DM, Zatorre RJ, Dagher A, Evans AC, Jones-Gotman M. Brain, 2001, 124 : 1720-33.