Un tiers des adultes américains dorment 6 heures ou moins par nuit alors que les recommandations sont de 7-8 heures. Or, il a été montré qu’une durée de sommeil courte est associée à des risques plus élevés d’obésité, d’hypertension, de diabète et de maladies cardio-vasculaires. Le lien entre insuffisance de sommeil et dérèglement métabolique pourrait s’expliquer par des changements du comportement alimentaire. Plusieurs études ont en effet montré l’impact défavorable du manque de sommeil sur les hormones liées à l’appétit (ghréline et leptine), la faim, la consommation d’aliments riches en énergie et le poids. Les variantes génétiques de CLOCK, un gène impliqué dans le rythme circadien, contrôlant les phases veille-sommeil, influenceraient également l’appétit via les hormones du métabolisme. Les auteurs de cette étude ont effectué une méta-analyse sur les résultats de 9 études de cohortes incluant 14 906 participants européens afin de tester les associations entre la durée habituelle de sommeil et le niveau de consommation de certains macronutriments ou l’IMC (Indice de masse corporelle). Ils ont aussi évalué l’impact des variantes génétiques de CLOCK sur ces associations.

Chaque heure de sommeil supplémentaire était associée à une diminution de 0.16 point d’IMC. L’association entre la durée de sommeil et la consommation de macronutriments a été significative dans certaines analyses stratifiées par âge et sexe: une heure de sommeil en plus était corrélée à une plus faible ingestion d’acides gras saturés (-0.1%) chez les 20-64 ans, et à des différences de consommations d’énergie provenant de glucides (-0,3%), de lipides totaux (+0.18%) et d’acides gras poly-insaturés (+0.05%) chez les femmes plus âgées (65-80 ans). Concernant l’influence du gène CLOCK : une association significative a été observée entre la part d’énergie provenant des acides gras mono-insaturés (-0,07%) et le variant rs10462028 et entre la part d’énergie provenant des protéines (+0,13%) et le variant rs504836.

Une durée de sommeil habituelle plus longue serait donc associée à un plus faible IMC, mais aussi à des comportements alimentaires plus sains chez certaines personnes. Les associations entre une durée de sommeil courte et la consommation de certains macronutriments (acides gras polyinsaturés et protéines) peuvent s’expliquer par les associations déjà montrées entre la courte durée du sommeil et des anomalies du métabolisme, ainsi que par des variations génétiques du gène CLOCK. Augmenter la durée de sommeil pourrait améliorer les prédispositions génétiques à l’obésité grâce à un profil alimentaire plus favorable.

 

Habitual sleep duration is associated with BMI and macronutrient intake and may be modified by CLOCK genetic variants.

Dashti HS, Ordovás JM et al.

Am J Clin Nutr. 2015 Jan;101(1):135-43.

Auteur : DASHTI HS

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 59 - Mars 2015 - N59013 (Réf 4590)