Des anomalies de l’odorat et du goût ont été décrites par plusieurs études cliniques, chez des sujets présentant des troubles majeurs du comportement alimentaire, comme l’anorexie. Cependant, on ignore s’il en va de même en cas de troubles moins sévères, voire en cas de simple attitude d’auto-restriction alimentaire.

Cette étude, portant sur deux expérimentations menées chez des volontaires sains, a évalué cette possible association ainsi que l’impact du genre, chez 50 hommes et femmes (étude 1), et 28 femmes (étude 2).

Lors de la première expérimentation, les chercheurs ont évalué au moyen de 2 questionnaires qualitatifs, les comportements alimentaires et les comportements d’auto-restriction des sujets, puis ont réalisé deux tests de détection sensorielle, olfactive (odeur de poire/banane) et gustative. La seconde étude a repris le même protocole dans un groupe de femmes, avec cette fois une odeur de chocolat, aliment considéré comme « mentalement interdit » en cas de troubles de l’alimentation.

Les résultats ont confirmé la suspicion d’altérations de la perception olfactive dans les deux sexes, en cas de troubles des conduites alimentaires et même de simple auto-restriction, mais des anomalies d’ordre gustatif n’ont été retrouvées que chez les femmes. Les odeurs d’aliments « interdits » (chocolat) étaient, par ailleurs, moins bien perçues en cas de troubles alimentaires, la saveur amère étant également plus faiblement détectée. De manière inattendue, le nombre de papilles gustatives des participants a été retrouvé associé positivement au comportement d’auto-restriction alimentaire. En revanche, il n’a pas été montré de lien avec la perception de l’amer, ni celle du sucré.

Il apparaît donc que des légers troubles du comportement alimentaire tels que l’auto-restriction, sont déjà associés à des anomalies olfactives. Des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer un éventuel lien de causalité et des applications concrètes pour la prise en charge des patients.

A bitter sweet asynchrony. The relation between eating attitudes, dietary restraint on smell and taste function.

Stafford LD, Tucker M, Gerstner N.

Appetite. 2013 Nov;70:31-6.

Auteur : STAFFORD LD

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 54 - Décembre 2013 - N54003 (Réf 4507)