Selon des données européennes, les apports en sucres ajoutés des enfants et adolescents européens se situeraient entre 11 et 17 % de l’apport énergétique total. Mais qu’en est-il des sucres libres ?

Une analyse des données de la cohorte européenne IDEFICS (acronyme anglais pour Identification et Prévention des Effets sur la Santé de l’Alimentation et du Style de Vie chez les Enfants et les Nourrissons) a permis de quantifier leur contribution aux apports énergétiques et de préciser les sources alimentaires les plus contributives.

 

Une contribution importante aux apports énergétiques des 2 à 9 ans

Pour estimer les apports en sucres libres des petits Européens, les consommations alimentaires de 8 308 enfants âgés de 2 à 9 ans recrutés dans huit pays (Suède, Allemagne, Hongrie, Italie, Espagne, Chypre, Belgique, Estonie) ont été utilisées[1] (recueil effectué en 2007-2008). Résultats ? Pour des apports énergétiques moyens de 1720 kcal/jour chez les garçons et de 1631 kcal/jour chez les filles, les données révèlent des apports en sucres totaux représentant 23 % de l’apport énergétique total (AET) et des apports en sucres libres de 18 % de l’AET, sans différence entre les filles et les garçons.

 

Jus de fruits, boissons sucrées et produits laitiers en cause

Par ordre d’importance, les principaux contributeurs aux apports en sucres libres sont les « jus de fruits », les « boissons sucrées », les « produits laitiers »[2], suivis des « bonbons et sucreries », groupes alimentaires qui fournissent entre 26 % et 16 % des sucres libres (voir Figure 1). À noter, ces contributeurs correspondent à ceux identifiés dans d’autres études menées en Australie, au Royaume-Uni, ou encore aux Pays-Bas.

Figure 1: Contribution des différents groupes alimentaires aux apports totaux en sucres libres, chez les filles et les garçons de l’étude IDEFICS (n = 8 308)

 

 

Des apports qui varient peu selon l’âge, beaucoup selon le pays d’origine

Lorsque l’on observe les apports en sucres libres provenant des différents groupes d’aliments, peu de différences majeures sont observées en fonction de l’âge ; on peut toutefois noter un apport en sucres libres provenant des jus de fruits plus élevé de 10 g chez les garçons de 6 à 9 ans que les garçons plus jeunes.

Par ailleurs, les contributions des sucres libres aux apports énergétiques quotidiens varient selon les pays, allant de 13,3 % des AET en Italie à 27,2 % des AET en Allemagne (voir Figure 2).

Enfin, les chercheurs constatent que seuls 19,6 % des enfants de la cohorte IDEFICS présentent des apports en sucres libres inférieurs à 10 % de l’AET comme le préconise l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et que seuls 4,1 % en consomment moins de 5 % de l’AET (recommandation conditionnelle de l’OMS pour un bénéfice supplémentaire sur les caries[3]).

Figure 2 : Contributions moyennes des sucres libres aux apports énergétiques quotidiens totaux selon les pays (Pays par ordre : Allemagne, Hongrie, Estonie, Belgique, Espagne, Suède, Chypre, Italie).

 

À retenir :

  • Les apports moyens en sucres libres des enfants de 2 à 9 ans de la cohorte européenne IDEFICS représentent 18 % de l’apport énergétique total, allant de 13 % en Italie à 27 % en Allemagne.
  • Moins de 20 % des enfants respectent les recommandations de l’OMS en matière de sucres libres, à savoir en consommer moins de 10 % de l’apport énergétique.
  • Les aliments qui contribuent le plus aux apports en sucres libres sont les jus de fruits, les boissons sucrées, les produits laitiers et les bonbons et sucreries.

 

Source : Dietary sources of free sugars in the diet of European children: the IDEFICS Study.

Graffe MIM, Pala V, De Henauw S, Eiben G, Hadjigeorgiou C, Iacoviello L, Intemann T, Jilani H, Molnar D, Russo P, Veidebaum T, Moreno LA. Eur J Nutr. 2019 Apr 4 (sous presse).

 

NB : en France, les apports moyens en sucres libres sont de 13,6 % de l’AET pour les enfants de 3-6 ans et de 14,7 % de l’AET pour les 7-12 ans (données CREDOC CCAF 2016 – non publiées).[1] Mesure des consommations alimentaires via un rappel de 24 h, qui consiste à demander aux sujets (ou à leurs parents) de déclarer tout ce qu’ils ont consommé au cours des 24 h précédentes.

[2] Du fait des sucres ajoutés car le lactose naturellement présent dans le lait n’entre pas dans la définition des sucres libres.

[3] World Health Organization (WHO) (2015) Guideline: Sugars intake for adults and children. World Health Organization, Geneva