Les auteurs de cette revue ont synthétisé les résultats relatifs aux effets cardio-métaboliques à long terme de la consommation régulière d’édulcorants non-caloriques ou « intenses » (aspartame, sucralose et stévioside).

La méta-analyse inclut des études d’interventions randomisées contrôlées (ERC) et des études de cohorte prospectives, publiées jusqu’en janvier 2016, qui rapportaient la consommation d’édulcorants chez l’adolescent et l’adulte. Les études avec un suivi d’au moins 6 mois, concernant des sujets de plus de 12 ans ont été sélectionnées. Les auteurs ont retenu 37 études conformes aux critères d’inclusion, impliquant 406 910 individus : 7 ERC et 30 études observationnelles (dont 22 études de cohorte distinctes). La qualité des données a cependant été jugée comme moyenne, avec un risque élevé de biais dans la plupart des études.

Sur l’indice de masse corporelle comme marqueur principal, les deux ERC chez des sujets hypertendus consommant des capsules de stévioside et l’ERC chez des sujets en surpoids qui consommaient des boissons édulcorées, n’ont pas montré d’effet significatif sur l’IMC sur une période de 6 à 24 mois. Les 2 études de cohortes chez des sujets sains consommant des édulcorants intenses de façon discontinue ont mis en évidence une corrélation positive avec l’IMC sur une durée de 3 à 13 ans. Une troisième étude de cohorte a révélé sur 8 ans une plus forte augmentation de l’IMC chez les sujets avec une consommation quotidienne d’édulcorants intenses que chez les sujets qui n’en consommaient pas. Au total, il y a une preuve limitée de l’effet d’édulcorants sur l’IMC dans 3 études de cohorte long terme suggérant une augmentation modeste de l’IMC qui n’est pas confirmée dans les 2 ERC.

En ce qui concerne les marqueurs secondaires, les études ERC avec un suivi de courte durée (médiane de 6 mois) suggèrent que la consommation d’édulcorants n’est pas systématiquement associée à des réductions de poids, d’IMC et de tours de taille. En outre, les études sur de larges cohortes avec des suivis plus longs (médiane de 10 ans), mettent en évidence que la consommation d’édulcorants est significativement associée à des augmentations modestes long-terme de chacun des paramètres. Ces études suggèrent que la consommation d’édulcorants est associée à un risque accru d’obésité, d’hypertension, de syndrome métabolique, de diabète de type 2, d’infarctus et d’évènements cardiovasculaires.

En conclusion, les études randomisées contrôlées ne montrent clairement pas les bénéfices attendus des édulcorants intenses sur le contrôle du poids et les résultats des études observationnelles suggèrent que la consommation régulière d’édulcorants peut être associée à une augmentation de l’IMC et du risque cardio-métabolique.

Nonnutritive sweeteners and cardiometabolic health: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials and prospective cohort studies

Azad MB, Abou-Setta AM, Chauhan BF, et al.

CMAJ. 2017 Jul 17; 189(28): E929–E939. * 70011

Auteur : Azad MB

Documents supports :
Brèves Nutrition n°70 - Décembre 2017 - 70011