Des études menées chez des consommateurs ont montré que la saveur des aliments constitue un des principaux déterminants des choix alimentaires. Il en résulte que goût et préférences ont été incriminés dans la survenue d’un surpoids ou d’une obésité. Une connaissance approfondie des facteurs susceptibles d’influer sur les préférences gustatives pourrait alors permettre d’élaborer des stratégies visant à améliorer les habitudes alimentaires, notamment chez les enfants.

Le projet épidémiologique multicentrique européen IDEFICS, entrepris entre 2007 et 2008, dont les données ont été reprises dans cette série transversale, a eu pour objet d’étudier les facteurs étiologiques du surpoids et de l’obésité des jeunes enfants mais aussi de développer des stratégies d‘intervention efficaces. Pour cet essai, un sous-échantillon de 1705 participants d’âge scolaire (6-9 ans), résidant dans 8 pays d’Europe (Italie, Estonie, Chypre, Belgique, Suède, Allemagne, Hongrie et Espagne), a subi des tests de préférence alimentaire et de détection des seuils de perception des saveurs (sucrée, salée, amère et umami). Pour les tests de préférence, les enfants devaient choisir l’aliment qu’ils préféraient, au sein d’une série de produits (jus de pomme et gâteaux) appariés et théoriquement identiques, mais dont l’un était modifié pour l’une des saveurs. L’investigation des seuils de détection des saveurs procédait aussi par paires de solutions à base d’eau, dont l’une voyait sa concentration augmenter en sucre, sel, caféine (amer) et monoglutamate de sodium (umami). En parallèle à l’évaluation gustative des enfants, les parents répondaient à un questionnaire ayant pour objectif de déterminer les facteurs potentiellement corrélés avec les préférences alimentaires : données socio-démographiques, pratiques précoces de nourrissement des enfants, mode de vie (temps passé devant la TV par les jeunes, etc.).

Parmi les résultats obtenus, le pays de résidence s’est avéré le seul facteur véritablement corrélé avec les 4 saveurs testées. Par ailleurs, l’âge a semblé influencer les préférences alimentaires, avec une augmentation du goût pour le sucré et le salé entre 6 et 9 ans, et une évolution inverse pour la saveur umami. Les données d’interrogatoire des parents et les seuils de perception des saveurs ne se sont pas trouvés corrélés aux préférences alimentaires des enfants.

Cette étude met donc en lumière l’impact majeur de la culture et de l’âge pour déterminer les préférences alimentaires des enfants d’âge scolaire. Ces données soulignent la nécessité de tenir compte du contexte culturel lors de l’élaboration d’interventions dans le domaine nutritionnel mais aussi que les enfants ne constituent pas une population homogène, en particulier au regard des tranches d’âge.

Predictors and correlates of taste preferences in European children : the IDEFICS study

Food Quality and Preference. 2013 March, 27;2:128-136.

Lanfer A, Bammann K, Knof K, Buchecker K, Russo P, Veidebaum T, Kourides Y, de Henauw S, Molnar D, Bel-Serrat S, Lissner L, Ahrens W.


Auteur : LANFER A

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 53 - Septembre 2013 - N53001 (Réf. 4490)