Le lien pouvant exister entre les glucides et le risque de diabète a fait l’objet de nombreuses études sur de larges cohortes de population sans qu’aucune conclusion définitive n’ait été apportée. De plus, les lipides et les protéines sont susceptibles d’impacter ce risque.

Cette étude sur une cohorte de 29 133 hommes finlandais, suivie pendant 12 ans, s’est fixé comme objectif principal d’estimer l’impact, sur le risque de survenue d’un diabète, de la substitution iso-énergétique d’une partie des lipides ou des protéines de l’alimentation par des glucides.

Les principaux résultats obtenus ont été, d’une part, que la consommation de glucides alimentaires était inversement associée au risque de diabète, et d’autre part, que la substitution des lipides mais aussi des protéines par des glucides, à hauteur de 2% des apports énergétiques quotidiens, était liée à une moindre exposition à ce risque (RR = 0,96, IC à 95% = 0,94-0,99 ; RR = 0,85, IC à 95% = 0,80-0,90, pour lipides et protéines respectivement). En détaillant le type de glucides, les auteurs ont trouvé que la relation inverse concernait les glucides d’index glycémique moyen. Ces résultats semblent aller dans le sens d’autres données récentes, associant de manière inverse la consommation de saccharose (index glycémique moyen) avec le risque de diabète. En distinguant les types d’acides gras (mono- et polyinsaturés, acides gras trans et à courte chaîne), il a été mis en évidence que seul le remplacement des acides gras trans ou à courte chaîne par des glucides, se trouvait associé à un risque réduit de diabète. Enfin, concernant les protéines d’origine animale, les auteurs ont identifié que leur substitution par des glucides, se trouvait inversement corrélée au risque de diabète, et ce, quel que soit le niveau d’index glycémique. Ils évoquent à ce sujet les conséquences potentielles des régimes amaigrissants à forte charge en protéines animales exposant à la survenue d’un diabète.

Les auteurs concluent que la modification de l’alimentation d’une population du type de celle étudiée (hommes fumeurs) peut limiter le risque de diabète. Ils préconisent d’augmenter les apports en glucides aux dépens des acides gras trans et des acides gras à courte chaîne, et de réduire la consommation de protéines animales.

Carbohydrate substitution for fat or protein and risk of type 2 diabetes in male smokers.

Similä M.E., Kontto J.P., Valsta L.M., Männistö S., Albanes D., Virtamo J.

Eur J Clin Nutr, 2012, vol. 66, No. 6, pp. 716-721.



 

Auteur : Similä ME

Documents supports :
Brève Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49015 (Réf. 4745)