Les préférences des enfants conditionnent grandement leur prise alimentaire. Dans plusieurs domaines, des modèles psychocomportementaux tendent à montrer que les convictions et les attitudes des parents jouent un rôle crucial dans le processus de socialisation des enfants. Néanmoins, peu de choses sont connues sur ce qui se passe dans le domaine de « l’éducation » alimentaire.

Lors de cette étude qualitative australienne, 57 parents d’enfants de 2 à 5 ans ont été interrogés, selon une procédure d’entretiens individuels semi-structurés, dans un double objectif. D’une part, recueillir leur opinion quant à l’origine des préférences alimentaires de leurs enfants, en se concentrant en particulier sur les croyances ayant trait à la confiance en soi et aux attributions que les parents pensent avoir vis-à-vis de leur enfant. D’autre part,, d’approfondir les traits communs et différences d’opinions éventuellement observées au sein de 3 groupes de parents : parents d’enfants avec des préférences alimentaires « saines » (n=20), parents d’enfants à préférences « non saines » (c’est-à-dire ayant une faible adhésion aux recommandations nutritionnelles, n=18) et parents d’enfants fortement néophobes (n=19).

Les données des entretiens ont permis d’identifier 3 grands types d’explication aux préférences alimentaires des jeunes enfants, à savoir : les traits propres à la personnalité de l’enfant, les caractéristiques sensorielles des aliments, et les expériences de socialisation de l’enfant vis-à-vis de son entourage. Les parents partageaient l’idée que les préférences étaient influencées par l’environnement, mais étaient aussi partiellement innées. Une autre croyance commune portait sur l’influence de la publicité à la télévision. Les parents d’enfants ayant des préférences « saines » percevaient celles-ci comme malléables et sensibles aux influences de l’environnement (humeur, fatigue). Les parents des 2 autres groupes considéraient, eux, la néophobie alimentaire plutôt liée à des traits de personnalité (inflexible, timide, entêtée).

Pour les auteurs, cette étude souligne l’intérêt de recherches futures sur ce sujet afin d’approfondir les croyances et attitudes des parents vis-à-vis de leur influence sur l’apprentissage et la mise en place des préférences alimentaires des enfants.

Why don’t they like that? And can I do anything about it? The nature and correlates of parents’ attributions and self-efficacy beliefs about preschool children’s food preferences.

Russell CG, Worsley A.

Appetite. 2013 Jul; 66: 34-43.

 


Auteur : Russel CG

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 53 - Septembre 2013 - N53002 (Réf. 4491)