La prévalence du pré-diabète qui se manifeste par une anomalie de la glycémie à jeun et/ou par une intolérance au glucose, est particulièrement élevée chez les enfants atteints d’obésité. Au Canada, l’obésité infantile a triplé ces trente dernières années.

L’objectif de cette étude menée au Canada a été d’examiner les éventuelles corrélations entre les apports alimentaires et la sensibilité à l’insuline au sein d’un groupe d’enfants âgés de 8 à 10 ans, en tenant compte de leur niveau d’activité physique. L’étude s’est basée sur les données de la cohorte QUALITY : Quebec Adipose and Lifestyle Investifation in Youth. Celle-ci a recruté 630 enfants à risque d’obésité (avec un ou deux parents biologiques atteints d’obésité), a enregistré leurs apports alimentaires par des enquêtes nutritionnelles sur 3 jours non consécutifs complétées par un diététicien; ainsi que leur niveau d’activité physique mesuré à l’aide d’un appareil d’enregistrement porté au moins 10 heures par jour. Le calcul du pic de VO2 max avait été déterminé au préalable lors d’un test à l’effort, afin de permettre de classer l’activité physique en effort modéré ou soutenu. Le temps passé devant un écran (télévision, ordinateur et jeux vidéo), a également été enregistré par le biais d’un questionnaire. La tolérance au glucose, la glycémie et l’insulinémie à jeun ont été mesurées sur l’ensemble des sujets. La sensibilité à l’insuline et la sécrétion d’insuline ont été déterminées par le calcul à partir des données mesurées (grâce au modèle HOMA-IR).

Parmi les 415 participants retenus, 55% présentaient un poids normal, 20% était en surpoids et 23% obèses. 15 enfants ont présenté une anomalie de la glycémie à jeun, 31 une intolérance au glucose et 5 ont présenté les deux anomalies. Les quantités de protéines, de graisses, de graisses saturées et de glucides apportés par l’alimentation ainsi que la consommation de vitamine D, de boissons sucrées, de fibres et de fruits et de légumes ont été évaluées. Les régimes riches en protéines étaient corrélés avec une sécrétion plus faible d’insuline en première phase : pour chaque augmentation de 1% de l’apport quotidien en protéines, la sécrétion d’insuline était diminuée de 1,1% (P = 0,033), mais les résultats ne persistent pas en seconde phase. Pour la sensibilité à l’insuline, aucune composante alimentaire n’y était associée après ajustement pour l’activité physique, le temps passé devant un écran et l’adiposité. Bien qu’à long terme la (sur)consommation calorique puisse conduire à la surcharge pondérale et l’obésité, cette étude montre que la composition en macronutriments n’est pas corrélée de façon indépendante à la sensibilité à l’insuline ou à l’insulino-sécrétion chez les enfants.

Dietary composition and its associations with insulin sensitivity and insulin secretion in youth.

Henderson M, Benedetti A, Gray-Donald K.

Br J Nutr. 2013 Sep 19:1-8



Auteur : HENDERSON M

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 55 - Mars 2014 - N55014 (Réf 4532)