Plusieurs articles de cette brève traitent du rôle des boissons sucrées caloriques (BSC) dans le développement du surpoids et de l’obésité. La réponse à cette question fait couler beaucoup d’encre, au sein de la communauté scientifique. Actuellement, chez les adolescents, la consommation de BSC aux États-Unis est de 630g/jour pour les garçons et 409g/jour pour les filles, alors qu’elle est de 284g/jour et 213g/jour respectivement pour les garçons et les filles de 6-11 ans. Pour déterminer si, comme le pensent certains auteurs, une variation de consommation de BSC (∆BSC) est réellement associée à un changement d’IMC (∆IMC) chez les enfants et les adolescents et auquel cas, quelle serait l’amplitude de cet effet, les auteurs de cet article ont effectué une méta-analyse des études longitudinales et des essais contrôlés randomisés publiés entre 1966 et 2006 sur le sujet. Seuls 2 essais randomisés et 8 études longitudinales ont été incorporés dans la méta-analyse, 2 autres études longitudinales étant revues individuellement. Pour éviter le biais de publication, la recherche des études a été effectuée sur Medline et 6 autres bases de données contenant les travaux non publiés, et le graphique « en entonnoir » (funnel plot) a été utilisé. En outre, des tests de sensibilité ont été menés pour examiner la robustesse des résultats de la méta-analyse. Enfin, pour éviter les partis pris, le manuscrit a été revu par un expert indépendant. Graphiquement, les études avec le plus de poids (>5%) montraient des résultats remarquablement similaires avec une taille d’effet proche de zéro. L’estimation globale de l’association était un ∆IMC de 0,004 (IC95%: -0,006, 0,014) au cours d’une période donnée pour chaque ∆BSC d’1 portion (370g)/jour en utilisant le modèle à effets fixes, et de 0,017 (IC95%: -0,009 ; 0,044) en utilisant le modèle à effets variables, sans significativité statistique. L’analyse qualitative des 2 études longitudinales montre que l’amplitude de l’effet n’est pas grande, bien que l’association entre ∆BSC et ∆IMC puisse être statistiquement significative dans certaines études. Concernant le graphique en entonnoir, il évoque un biais de publication excluant les études qui ne rapportent pas des résultats significatifs. Quant aux tests de sensibilité, ils ont été réalisés pour déterminer dans quelle mesure les hypothèses utilisées pour analyser les résultats d’études à venir peuvent affecter les résultats de la méta-analyse. Quatre tests de sensibilité ont été réalisés en fonction des hypothèses suivantes : tailles d’effets non ajustées pour l’énergie totale, 5 études à paraître de qualité équivalente à celle de l’étude parue de plus haute qualité, utilisation des résultats du quartile supérieur d’IMC d’un essai randomisé et addition d’une étude dont la taille d’effet est plus de 2 fois supérieure à celle des études examinées. Ces tests suggèrent que les résultats de la méta-analyse sont suffisamment robustes pour supporter des hypothèses alternatives ou de futures études.

Sur la base des études publiées actuellement, la relation entre consommation de BSC et IMC est donc proche de zéro, ce qui suggère que réduire ou interdire la consommation de BSC n’aurait pas grand effet sur la distribution de l’IMC des enfants et des adolescents


Sugar sweetened beverages and body mass index in children and adolescents: a meta-analysis. Forshee RA et al. Am J Clin Nutr, 2008, 87 : 1662-71


Documents supports :
Brève Nutrition N° 34 - Janvier 2009 - N34001