Des études réalisées par les auteurs mais non publiées ont montré que la consommation d’un repas riche en fructose par des sujets restés physiquement inactifs pendant 2 semaines augmentait la concentration de triglycérides de 88% par rapport à des sujets ayant été physiquement actifs. D’autres études suggèrent qu’une consommation chronique de fructose sur le long terme pourrait altérer négativement le contrôle glycémique. Le but de cette étude était de déterminer si le niveau d’activité physique a une influence sur la réponse glycémique après l’ingestion d’un repas équilibré en énergie et riche en fructose. Cette étude randomisée en cross-over a été effectuée chez 22 sujets sains. En plus de leur alimentation quotidienne, les sujets devaient consommer en plusieurs fois dans la journée une boisson au citron supplémentée en fructose (75g de fructose et 60g de glucose) pendant 14 jours. Deux interventions ont été comparées: l’augmentation ou la diminution de leur activité physique habituelle (marche >12500 ou <4500 pas/jour). Cette quantité de fructose journalière correspond à la consommation moyenne de fructose provenant des boissons sucrées des jeunes adultes américains. Pour s'assurer que les sujets ne prennent pas de poids, des diététiciens ont conseillé aux sujets de faire des ajustements alimentaires pour maintenir leur équilibre énergétique durant l'intervention. Entre les 2 interventions, les sujets ont maintenu leur activité habituelle durant 2 semaines. Avant et après les 2 semaines d'intervention, les paramètres sanguins ont été mesurés 6 heures après l'ingestion d'un repas riche en fructose composé de 45% de glucides (25% de sirop de maïs riche en fructose, 20% de glucides complexes), 40% de lipides et 15% de protéines. Les résultats montrent que la modification d'activité physique pendant 2 semaines n'a pas eu d'effet sur la réponse glycémique. En revanche, l'augmentation d'activité physique a induit une diminution de la sécrétion d'insuline et de la réponse insulinémique après le repas riche en fructose. Ces paramètres ont au contraire augmenté suite à la diminution d'activité physique. C'est la première fois qu'il est démontré que l'augmentation de l'activité physique atténue les effets délétères hormonaux associés à une alimentation riche en fructose. Une vie sédentaire combinée à une alimentation riche en fructose pourrait donc altérer le contrôle glycémique et conduire à long terme à une résistance à l'insuline.
Effect of increased physical activity on fructose-induced glycemic response in healthy individuals.
Bidwell AJ, Fairchild TJ, Wang L, Keslacy S, Kanaley JA.
Eur J Clin Nutr. 2014 68(9):1048-54. 

Auteur : BIDWELL AJ

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 58 - Décembre 2014 - N58015 (Réf 4577)