Depuis 2006, un règlement européen assure un contrôle des allégations nutritionnelles et de santé. L’objectif-clé de ce texte est d’assurer une bonne compréhension des messages par le consommateur moyen. Or, force est de constater que peu de travaux ont étudié cette compréhension et que les résultats disponibles sont de toute façon peu concluants. D’où l’intérêt de cette étude, utilisant une méthodologie à la fois qualitative (focus groups de 9-10 personnes) et quantitative (questionnaire élaboré à partir des résultats de l’étude qualitative, diffusé via Internet sur un large échantillon), et qui s’est attachée à évaluer 4 points principaux : les connaissances générales concernant les allégations sur les aliments et les boissons ; le lien établi dans l’esprit des consommateurs entre le sucre et les notions de « à teneur réduite en sucres » et « sans sucres ajoutés » ; le contenu énergétique supposé de différents aliments et l’association présumée entre teneur en calories et allégation de teneur réduite en sucres ; enfin, la connaissance des ingrédients utilisés comme substituts au sucre.

Des a priori pas toujours fondés

Les résultats obtenus ont mis en lumière un certain niveau de connaissance des consommateurs dans différents domaines, ceux-ci étant conscients notamment qu’une « teneur réduite en sucres » implique le remplacement par d’autres substances et du degré de réduction calorique atteint dans ce cas. En effet, plus de la moitié des personnes interrogées par questionnaire ont situé à 20% l’abaissement du contenu énergétique en cas de limitation des sucres, ce seuil étant peu éloigné des 30% de la réglementation actuelle. En revanche, les consommateurs sont apparus peu informés de l’énergie apportée par certains nutriments tels que l’alcool (haute teneur énergétique peu connue) et le sel (évalué par certains sujets comme plus calorique que les glucides). Les participants interrogés ont, de plus, associé clairement sucre et calories, attendant une réduction en énergie proportionnelle à celle de la teneur en sucres et ont été surpris que ce ne soit pas toujours le cas, comme par exemple lorsque le sucre joue un rôle technique dans la préparation d’un aliment et que sa diminution nécessite une augmentation de la teneur en graisses.

Des efforts restent à faire en termes
d’information du consommateur

Il apparaît donc de ce travail, d’une part que les consommateurs s’attendent, face à une allégation de type « teneur réduite en sucres », à une limitation calorique en rapport et s’estiment trompés si ce n’est pas le cas, et d’autre part que les connaissances en matière de contenu calorique des macronutriments sont très imparfaites. Les allégations nutritionnelles et de santé peuvent donc s’avérer trompeuses pour le consommateur, en particulier lorsqu’elles portent sur la limitation de teneur en sucres.

Consumer understanding of sugars claims on food and drink products.

Patterson N.J., Sadler M.J., Cooper J.M. Nutrition Bulletin, 2012, vol. 37, No. 2, pp. 121-130.


 


Auteur : PATTERSON NJ

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 49 - Septembre 2012 - N49001 (Réf 4731)