Le rôle causal de Streptococcus mutans et de la consommation excessive et fréquente de sucres dans la carie fait l’objet d’un large consensus établi depuis plusieurs années. Dans le passé, de nombreux auteurs considéraient même la carie comme une maladie infectieuse transmissible. Cet article a pour but de faire un point sur l’étiologie de la carie et montre comment les théories explicatives ont évolué sur les 120 dernières années, remettant en cause ces paradigmes :

S. mutans ne remplit pas le postulat de Koch qui repose sur la présence du microorganisme pour observer la maladie et l’absence du microorganisme pour exclure la maladie. Les méthodes de microbiologie moléculaires ont montré que, même avec une alimentation riche en sucres, un spectre beaucoup plus large de microbes acidogènes est trouvé dans la plaque dentaire,

-Les amidons cuits sont aussi maintenant reconnus comme pouvant être un facteur de caries, en raison de leur grande rémanence en bouche ; leur métabolisme pouvant provoquer un challenge acide prolongé, particulièrement dans les sites favorables aux caries.

Ces changements dans le paradigme de l’étiologie des caries ont des implications importantes pour les stratégies de prévention des caries. La prévention de la transmission de S. mutans ainsi que la réduction de la consommation de saccharose seul seront probablement des stratégies inappropriées de prévention des caries si une alimentation riche en glucides est maintenue. En revanche, des stratégies visant à optimiser la mise à disposition de fluor, à réduire l’acidogénicité de la plaque ou le développement des microbes acidogènes, à favoriser la production d’alcali, à augmenter le flux salivaire ou à substituer les glucides fermentescibles par des options non-fermentescibles, seraient à privilégier.

Diet and the microbial aetiology of dental caries: new paradigms.

Bradshaw DJ, Lynch RJ.

Int Dent J. 2013 Dec;63 Suppl 2:64-7

Auteur : BRADSHAW DJ

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Brèves Nutrition N° 56 - Juin 2014 - N56014 (Réf 4547)