Face à l’augmentation de la prévalence de l’obésité chez les enfants à l’échelle mondiale, dans les pays occidentaux comme dans les pays en développement, le challenge est d’identifier les facteurs de risque comportementaux majeurs, afin de construire des stratégies d’intervention efficaces. C’est ce à quoi s’est attelée une équipe de recherche iranienne au travers d’une revue systématique de la littérature couplée à une méta-analyse.

Produits vs boissons sucrés : observation d’effets contraires 

Les chercheurs se sont intéressés à quatorze facteurs comportementaux (facteurs de risque ou protecteurs) associés au surpoids et à l’obésité chez les enfants et adolescents de 5 à 19 ans (voir Figure pour leur liste exhaustive). Sur les 34 537 études d’observation initialement identifiées, 199 études regroupant un total de 1 636 049 participants répondaient in fine à leurs critères d’inclusion pour méta-analyse. Parmi celles-ci, 8 études ont évalué l’effet de la consommation de produits sucrés[1] avec un résultat contre-intuitif : une réduction de 22 % du risque d’obésité chez les enfants en consommant trois fois ou plus par semaine. En revanche, le risque était bien accru (+ 24 %) chez les enfants consommant des boissons sucrées quatre fois ou plus par semaine, d’après l’analyse de 20 études.

Pour expliquer ces résultats, les chercheurs avancent l’hypothèse du moment de consommation : les boissons sucrées sont plutôt consommées au moment des repas, entraînant un apport calorique supplémentaire, tandis que les aliments sucrés sont consommés entre les repas et seraient compensés au repas suivant.

Pour une prévention efficace de l’obésité infantile

Les autres facteurs ayant montré des associations protectrices sont une activité physique modérée à intense d’au moins 5 heures par semaine en moyenne (diminution du risque de surpoids et d’obésité de 30 %) et la consommation quotidienne d’un petit-déjeuner (diminution du risque de 34 %). Deux comportements qui seraient donc à mettre en avant dans les stratégies de lutte contre l’obésité infantile. À noter, la consommation de fruits et légumes ne ressortait pas comme facteur protecteur significatif (sans élément de discussion à ce sujet de la part des auteurs).

Et du côté des facteurs de risque ? La priorité doit être mise sur le temps de télévision, les enfants la regardant plus de 2 h/j augmentant leur risque de surpoids ou d’obésité de 42 %, et le sommeil, les enfants manquant de sommeil augmentant leur risque de 26 %. Sont également à promouvoir, parallèlement à la limitation de la consommation de boissons sucrées, un allaitement long et la lutte contre le tabagisme chez les adolescents et pré-adolescents.

 

À retenir :

  • Cette méta-analyse propose un panorama complet des facteurs comportementaux et nutritionnels associés au surpoids et à l’obésité chez les enfants et adolescents.
  • Alors que la consommation d’aliments sucrés ressort comme un facteur étonnamment protecteur contre l’obésité infantile, celle de boissons sucrées est associée à un risque accru.
  • Les autres facteurs protecteurs identifiés sont l’activité physique et la prise quotidienne d’un petit-déjeuner.
  • Les principaux facteurs de risque sont un temps excessif passé devant la télévision et le manque de sommeil.

Source : Behavioral factors influencing childhood obesity: a systematic review and meta-analysis. Poorolajal J, Sahraei F, Mohamdadi Y, Doosti-Irani A, Moradi L. Obes Res Clin Pract. 2020 Mar 18.

[1] Biscuits, cookies, bonbons, gâteaux, pâtisseries, chocolat, beignets ou tartes.

 

Figure : Associations entre 14 facteurs comportementaux et les risques de surpoids et d’obésité infantiles

Cette figure fait ressortir les facteurs protecteurs en vert et les facteurs de risque en rouge, significatifs (foncé) et non significatifs (clair), parmi 14 facteurs comportementaux étudiés en lien avec le surpoids et l’obésité chez l’enfant et l’adolescent.

Auteur : Poorolajal J

Documents supports :
Brèves avril 2020