HALTE AUX IDÉES REÇUES SUR LE SUCRE

 

Le rapport parlementaire d’information sur la taxation des produits agroalimentaires issu des travaux de la mission d’information du même nom a été rendu public le 22 juin dernier.

Parmi les quinze propositions mentionnées dans ce rapport, le sucre est particulièrement ciblé au travers de deux mesures fiscales visant à financer les suppressions de taxes portant actuellement sur d’autres productions agroalimentaires : d’un côté, la hausse de la contribution sur les boissons sucrées et, de l’autre, la création d’une taxe sur les sucresentrant dans les produits alimentaires, boissons comprises (proposition n°11).

 

Cette double proposition est le reflet d’un certain nombre d’idées reçues sur le sucre et porte atteinte à l’image de cette filière d’excellence française.

La réglementation européenne impose de parler des sucres et non du seul sucre

Le sucre (ou saccharose) extrait de la canne et de la betterave représente environ 70 % des sucres ajoutés aux aliments par les artisans ou les industries alimentaires mais il n’est pas le seul. Il y a également les sirops de glucose, de fructose-glucose, le miel, le dextrose, le lactose, autant de sucreS qui sont des productions issues d’autres secteurs que la filière sucre.

 

Des consommations de sucre stables depuis plus de 50 ans en France

Pour la France, les consommations de sucre estimées à partir des données des enquêtes nationales du CREDOC sont stables et en moyenne de 22 kg/an/habitant. Les données de ventes de sucre confirment cette stabilité depuis 50 ans.

 

Le raccourci sucre=diabète est scientifiquement infondé

Il est en revanche bien établi que la prévalence du diabète de type 2 tout comme celle de l’obésité sont en très nette augmentation depuis 50 ans. Les professionnels de santé et les agences sanitaires n’établissent pas de lien direct entre le sucre et la survenue du diabète ou de l’obésité. Ces pathologies sont multifactorielles, associées principalement à des excès d’apports alimentaires et à la sédentarité. Pour le diabète de type 2, la Fédération française des diabétiques souligne l’importance du facteur génétique, l’autre facteur causal étant le surpoids, souvent lié à un excès de calories, sucrées ou non.

 

Une taxe boissons qui n’a pas d’effet sur les apports nutritionnels

Les évaluations d’impact de la taxe sodas ne montrent pas d’effet majeur sur les achats de boissons en France, au-delà du probable effet de signal lors de la mise en place de la mesure. La mesure se révèle ainsi inefficace à modifier de manière significative les apports nutritionnels, sans doute en raison de transferts de consommation vers d’autres aliments, sucrés ou non.

 

Une taxation centrée sur les sucres les stigmatise injustement

Il n’est pas acceptable de cibler uniquement les sucres entrant dans la composition des produits alimentaires. Le motif invoqué dans le rapport « d’une logique nutritionnelle plus large » est stigmatisant et scientifiquement infondé, d’autant plus que les Français ont en moyenne des apports en sucres ajoutés inférieurs aux limites préconisées par l’OMS.

 

LE SUCRE, CARBURANT DE L’ORGANISME

 

L’attirance pour le sucré est innée et permet d’identifier des aliments sources d’énergie.

 

Le sucre est une source de glucides, qui, après digestion, fournissent du glucose, carburant de l’organisme. Lorsque le cerveau fournit un effort particulier, les zones sollicitées sont en effet capables de demander un « supplément » de glucose et d’oxygène pour faire face à l’augmentation de leur activité.
Il contribue à améliorer les performances de la mémoire chez l’enfant et l’adolescent ainsi que les capacités d’attention. Pour les adultes, les résultats sont similaires mais ils dépendent de la valeur de la glycémie à jeun de chacun (reflet du plus ou moins bon fonctionnement du métabolisme glucidique).
Consommer des aliments agréables au goût comme le sucre active par ailleurs le système de récompense. Celui-ci secrète de la dopamine qui procure une sensation de plaisir et de bien-être.

LES FRANCAIS ET LES INDUSTRIES ALIMENTAIRES

92 % des Français pensent que l’alimentation est une composante essentielle du style de vie à la française, et 76 % sont fiers du modèle alimentaire français1. Cette conviction est étayée par de nombreuses études scientifiques qui font de l’alimentation à la française une référence mondiale dans la prévention pour la santé, et, plus précisément, dans la lutte contre l’obésité.

Les Français sont donc très attentifs à ce qu’ils mangent, y compris aux produits manufacturés qu’ils achètent. Pourtant, seuls 55 % d’entre eux ont une bonne image des entreprises de ce secteur.

 

Il s’agit d’un vrai paradoxe car l’industrie alimentaire française se classe au deuxième rang mondial pour son niveau de sécurité et de qualité. Elle constitue également un secteur créateur d’emplois, exportateur et solidement ancré dans les territoires.

 

Fort de ce constat, les acteurs des industries alimentaires ont initié une démarche inédite orientée sur l’ouverture, la transparence et le dialogue direct avec les consommateurs. Quatre axes ont ainsi été définis :

 

– Elargir l’ouverture des usines au grand public;
– renforcer la transparence et l’information sur la composition et la fabrication des produits;
– mieux expliquer les métiers de l’industrie agroalimentaire, en particulier via le site alimetiers.com;
– lancer une consultation citoyenne sur l’alimentation. Conduite de novembre 2015 à mars 2016, elle a permis de recueillir les attentes des citoyens-consommateurs. Relayée sur les réseaux sociaux par toutes les parties prenantes dont la filière sucre, elle a permis de rédiger un Pacte alimentaire proposé à tous les acteurs du secteur lors des Assises de l’alimentation du 10 mai 2016. Selon le premier bilan de la consultation, les Français attendent plus d’informations de la part des industriels, plus de produits français de la part des distributeurs et plus de soutien aux filières de la part du gouvernement. S’ils ont une meilleure image des industries alimentaires qui se situent près de chez eux, ils aspirent néanmoins à recréer du lien avec tous les acteurs qui produisent leur alimentation.

1/ Baromètre Ania-OpinionWay, « les français et l’alimentation », 2015

 

Pédagogie et proximité : les visites de sucreries

Les sucreries organisent régulièrement, avec l’appui logistique du CEDUS, des visites pour les élèves, futurs professionnels concernés par le sucre et ses utilisations. La possibilité de voir en direct le process sucrier, de comprendre son origine naturelle et sa méthode d’extraction, contribue à la connaissance du produit et à l’image positive qu’en a la grande majorité des français.

 

LE SUCRE DANS LES JUS DE FRUITS

Depuis la directive européenne 2012/12/UE d’avril 2012 relative aux jus de fruits et à certains produits similaires, l’ajout de sucres dans les jus de fruits n’est plus au

torisé. Les sucres des jus des fruits sont les sucres naturellement présents (glucose, fructose, saccharose apportés par les fruits).

Les smoothies sont une dénomination commerciale moins bien définie. Lorsqu’ils sont préparés uniquement à base de jus ou de purée de fruits, ils sont assimilables à des jus de fruits, donc sans sucres ajoutés. Souvent plus épais, plus concentrés et parfois additionnés de produits laitiers, les smoothies sont potentiellement plus riches en sucres.
Les nectars de fruits contiennent réglementairement entre 25 et 50% de fruits minimum selon le fruit.
Les boissons aux fruits, quant à elles, peuvent contenir entre 1% et 99% de jus ou de purées de fruits, des sucres ajoutés ou des édulcorants, tout cela dans des proportions très variables.

La confusion est fréquente entre sucres naturellement présents et sucres ajoutés. Le tableau des valeurs nutritionnelles peut ainsi faire apparaître des sucres qui sont en fait les sucres naturellement présents dans les produits.

 

LA FILIÈRE SUCRE EST PARTENAIRE DE CES PROCHAINS RENDEZ-VOUS :

26 – 28 août 2016 : Foire de Châlons-en-Champagne (Marne), le Sucre, invité d’honneur

10 – 14 septembre 2016 : Foire de Clermont-Cournon (Puy-de-Dôme)