L’interprétation des études épidémiologiques est limitée par le manque de consensus concernant les méthodes du calcul de la  densité énergétique des aliments (DEA). Cet article discute la validité des 2 calculs les plus courants : DEAsolide (excluant toutes les boissons) ou DEAsolide+liquide (incluant tous les apports), en analysant les études observationnelles portant sur DEA et prise de poids. Les effets des liquides sur la satiété diffèrent des aliments solides, notamment en raison de leur plus grande vitesse de vidange gastrique, limitant la distension gastrique et donc la satiété. De plus, la DEA des boissons est faible comparée à celle de la plupart des aliments solides et il n’y a pas de rapport entre DEA et contenu en macronutriments des boissons, tandis que la DEA des solides reflète leur contenu en matières grasses et eau. La corrélation entre DEAsolide et DEAsolide+liquide est faible (r = 0,3), ainsi, une consommation importante de boissons (énergétiques ou non) est fortement associée avec un faible DEAsolide+liquide uniquement. De plus, c’est en modifiant la composition en aliments solides et non en boissons que les études expérimentales modulent la densité énergétique. Enfin, des études comparant sur un même échantillon les relations entre prise de poids et DEAsolide+liquide versus DEAsolide montrent un effet de « dilution » de la corrélation positive lorsque les liquides sont analysés avec les solides. La DEAsolide parait donc la méthode la plus fiable et valide pour évaluer l’impact de la DEA sur la prise pondérale en conditions de vie réelles, en analysant les calories « liquides » comme covariable.


 

Une question de méthodologie : faut-il inclure les boissons dans les calculs de densité énergétique ? JOHNSON L., WILKS D., LINDROOS A., JEBB S. Obesity Review, 2009, 10 : 681-92


Auteur : JOHNSON L., WILKS D., LINDROOS A., JEBB S

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Brèves Nutrition N° 39 - Avril 2010 - N39009