Les petits dormeurs seraient à risque de prise de poids et des recherches ont suggéré, dans ce domaine, une relation de cause à effet. Il a par ailleurs été montré que la privation de sommeil, lors du visionnage d’images d’aliments palatables, accroissait la réponse cérébrale de zones impliquées au niveau des perceptions gustatives et des voies de la récompense. Ainsi l’hypothèse des auteurs de cette expérimentation était qu’une nuit blanche pouvait accroître la perception de la saveur sucrée et influer sur les hormones de la prise alimentaire.

En pratique, 16 jeunes hommes volontaires sains normopondéraux ont participé à ce protocole randomisé en cross-over. Ils ont été soumis à deux sessions distinctes comportant, après une journée d’adaptation, soit une nuit blanche, soit une nuit de sommeil habituelle. Au matin de l’une ou l’autre des conditions, les sujets devaient évaluer à deux reprises leur sensation subjective de faim/soif (à 7 h et 8 h). En parallèle, un échantillon de sang était prélevé afin de doser la ghréline et de la glycémie. Après les évaluations, les participants recevaient une collation, suivie d’une nouvelle auto-évaluation des sensations de faim et soif. Enfin, la session se terminait par des tests de perception et d’évaluation de la composante hédonique des saveurs sucrées (yaourts sucrés à concentrations croissantes, soumises aléatoirement).

À l’issue des épreuves, il a été observé qu’en cas de nuit blanche, la sensation de faim était significativement plus intense, tant à l’état de jeûne qu’après la collation. En revanche, la privation de sommeil n’avait apparemment aucun effet sur la perception du sucré, ni sur le plaisir éprouvé lors de la dégustation. Par ailleurs, la ghréline, mais pas la glycémie, s’est avérée significativement augmentée en cas de nuit sans sommeil.

L’absence d’impact de l’absence de sommeil pourrait résulter d’une interférence liée à la collation de précharge, mais aussi d’un niveau de stress supérieur, engendré par le manque de sommeil. En effet, le stress diminuerait la sensibilité des voies de la récompense.

Sweet taste perception not altered after acute sleep deprivation in healthy young men

Hogenkamp PS, Nilsson E, Chapman CD, Cedernaes J, Vogel H, Dickson SL, Broman JE, Schiöth HB, Benedict C.

Somnologie (Berl). 2013 Jun;17(2):111-114.

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Auteur : HOGENKAMP PS

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Brèves Nutrition N° 54 - Décembre 2013 - N54005 (Réf 4509)