Dans une étude publiée en novembre 2011, une équipe de chercheurs américains a mis en évidence que la consommation élevée d’aliments bons au goût – on parle d’aliments palatables – en l’absence de faim serait associée à une sensibilité accrue aux récompenses immédiates et à une faible capacité de contrôle.

L’étude a été réalisée auprès d’un groupe de 62 femmes en surpoids ou obèses (IMC entre 25 et 39,9) âgées de 18 à 45 ans. Un résultat similaire avait déjà été obtenu auparavant auprès de femmes de corpulence normale par une autre équipe.

La capacité de contrôle a été évaluée par un test dit de « dépréciation de la récompense différée ». On propose aux participantes de choisir entre un gain plus important dans un délai plus long ou une récompense moindre et immédiate, la récompense proposée étant ici une somme d’argent hypothétique. La préférence d’un gain immédiat est associée par les chercheurs à une faible capacité de contrôle.

L’indice de palatabilité a été déterminé par les volontaires en notant sur une échelle, 6 aliments courants (chips, cacahuètes, chocolat au lait et raisins secs) considérés comme palatables et 2 autres jugés plus neutres (crackers salés et céréales à l’avoine).

Pour éviter toute sensation de faim pouvant fausser le test, les volontaires ont reçu au préalable un bol de porridge à consommer lentement jusqu’à satiété. Le groupe a ensuite été invité à consommer les 6 aliments palatables à volonté. Les apports caloriques totaux des participantes se sont étalés de 40 kcal à 665 kcal.

Un point important, les sujets obèses de cette étude répondent de la même façon les données obtenues chez les femmes de corpulence normale. Les femmes qui ont une sensibilité accrue aux récompenses alimentaires et une faible capacité de contrôle ont tendance à consommer plus d’aliments palatables que les femmes qui ont une plus grande capacité de contrôle.

Selon les auteurs, une approche comportementale intégrant ce type d’impulsivité des sujets pourrait présenter un intérêt dans des stratégies de contrôle du poids.


 

 

 

Appelhans BM, Woolf K, Pagoto SL, Schneider KL, Whited MC, Liebman R. Inhibiting food reward: delay discounting, food reward sensitivity, and palatable food intake in overweight and obese women. Obesity (Silver Spring). 2011 Nov; 19 (11) : 2175-82.