L’ alimentation riche en glucides : plus satiétante et moins calorique ! Alors que l’ on parle beaucoup de l’ alimentation «santé / plaisir» et de la question de l’ obésité, il était intéressant d’ évaluer chez des adultes non restreints les effets sur le BMI du contenu et de la qualité nutritionnelle de leur régime alimentaire. Du fait de sa morbidité et de ses coûts indirects, de gros efforts sont consacrés aux Etats-Unis pour lutter contre l’ épidémie d’ obésité, actuellement l’ un des facteurs de risque majeurs pour la santé. Afin de limiter les apports énergétiques qui contribuent à la prise de poids, les autorités américaines et l’ American Heart Association recommandent des régimes équilibrés, apportant entre 20 et 30 % de l’ énergie totale sous formes de graisses et entre 55 et 60% sous forme de glucides. Cette étude est basée sur les données de la Continuing Survey of Food Intake by Individuals (CSFII), une enquête nationale réalisée entre 1994 et 1996, représentative de la consommation alimentaire de la population générale. Chaque participant devait répondre à 2 reprises à un interrogatoire alimentaire détaillé, sur 2 jours non consécutifs. Seuls ont été retenus pour l’ étude les sujets qui avaient rendu compte de la totalité de leurs apports alimentaires le premier jour, soit 10 014 adultes de plus de 19 ans. L’ objectif de l’ étude consistait à comparer une alimentation riche en glucides à une alimentation très pauvre en glucides, en termes d’ apport énergétique, de qualité nutritionnelle et de corrélation avec l’ index de masse corporelle. C’ est pourquoi, les sujets ont été répartis en 4 groupes en fonction du pourcentage d’ apports énergétiques provenant des glucides dans leur alimentation. · Groupe 1 : très pauvre en glucides (moins de 30%), n= 420, · Groupe 2 : pauvre (30 à 45%), n=2793, · Groupe 3 : modéré (45 à 55%), n=3415, · Groupe 4 : riche (plus de 55%), n=3386. La composition de l’ alimentation de chacun des 4 groupes a ensuite été analysée. 1. On observe que le régime riche en glucides est moins riche en énergie que les trois autres régimes : les adultes du groupe 4 consomment 200 à 300 Kcal de moins par jour que ceux des autres groupes à quantité égale d’ aliments ingérés : leur alimentation est donc moins dense en énergie (nombre de Kcal par grammes d’ aliment). 2. Par ailleurs, plus l’ alimentation est riche en glucides et en fibres, moins elle contient de protéines et de graisses. Ainsi, les groupes 3 et 4 ont une alimentation pauvre en graisses (7 et 5 g [groupe 3 et 4] vs 13 et 12g [groupes 1 et 2]), essentiellement constituée de céréales, fruits, jus de fruits et produits laitiers et moins riche en viande, poisson et volaille, que l’ alimentation des groupes 1 et 2. De ce fait, l’ apport moyen de zinc dans le régime riche en glucides est faible mais presque suffisant. 3. En revanche, ce régime apporte les oligo-éléments essentiels (Vitamines A et C, carotène, folate, calcium, magnésium et fer) en quantité suffisante, et c’ est le moins riche en sodium. 4. Les boissons jouent aussi un rôle important dans la contribution énergétique de l’ alimentation. En effet, le groupe 1 consomme 16 fois plus d’ alcool que le groupe 4. En revanche le groupe 4 consomme 6 fois plus de boissons gazeuses sucrées que le groupe 1. 5. En ce qui concerne l’ index de masse corporelle, il a tendance à diminuer entre le groupe 1 et le groupe 4 pour les hommes comme pour les femmes, mais cette baisse n’ est significative que chez les femmes. 6. L’ alimentation riche en glucides apparaît donc plus satiétante et moins calorique. En effet, les individus qui avaient adopté un tel régime, avaient consommé des produits à densité énergétique faible, riches en fibres et en eau. De plus, ils ont plutôt choisi des produits pauvres en graisses même s’ il s’ agissait de viande ou de lait, des aliments qui peuvent contenir beaucoup de gras dans certains cas. Enfin, l’ alimentation riche en glucides est de bonne qualité nutritionnelle, avec une forte proportion de céréales, fruits et légumes qui sont riches en micro-nutriments. 7. Les personnes qui ont adopté ce type de régime ont plus de chance d’ avoir un index de masse corporelle < 25 sans faire plus d’ exercice que ceux qui ont une alimentation pauvre en glucides. En conclusion : Par rapport à une alimentation très basse, basse et modérée en glucides, l’ alimentation riche en glucides est plus faible en énergie et en densité énergétique (nombre de kCal/g pour le montant global de la prise alimentaire), et présente des qualités nutritionnelles évidentes. Les apports en nutriments (Vit. A et C, carotène, folate, calcium, magnésium et fer) augmentent avec le pourcentage de glucides des apports énergétiques totaux. Cette alimentation riche en glucides peut être adoptée avec succès pour maintenir son poids de forme ou même pour maigrir, sans menacer l’ équilibre en nutriments utiles. Il est en effet encore possible de limiter les apports énergétiques d’ une telle alimentation sans compromettre son équilibre, en réduisant les boissons alcoolisées, ou non, qui apportent 10 à 14% de l’ énergie totale, quel que soit le groupe. Dr François Elkik A

 

Comparison of Low-Carbohydrate vs. High-Carbohydrate Diets : Energy restriction, Nutrition quality and Correlation to Body Mass Index Bowman SA, Spence JT Journal of the American College of Nutrition, 2002, 21, 3 : 268-274

Auteur : Bowman SA