Il a été récemment montré que la néophobie alimentaire pourrait être plus intense chez les nourrissons de plus haute sensibilité chimiosensorielles.

Le premier objectif de cette étude comportementale menée chez 123 nourrissons de 20 à 22 mois de la cohorte française Opaline était d’évaluer la relation entre les réactivités olfactive et gustative du nourrisson. Le deuxième objectif était de comprendre les associations entre la néophobie alimentaire et la sensibilité sensorielle du nourrisson. Les auteurs supposaient que la néophobie alimentaire augmentait avec la sensibilité différentielle olfactive/gustative de l’enfant. Les chercheurs ont regardé si la relation entre la réactivité différentielle à l’odeur ou au goût et la néophobie alimentaire variait selon le sexe.

La néophobie alimentaire a été identifiée par un questionnaire. Les nourrissons ont participé à deux tests sensoriels : un test gustatif quand l’enfant avait 20 mois et un test olfactif quand l’enfant avait 22 mois. La réactivité différentielle à l’odeur a été évaluée à l’aide de 8 substances odorantes évoquant différents aliments et la réactivité gustative en testant 5 goûts de base : le lactose pour le goût sucré, le chlorure de sodium pour le goût salé, l’urée pour l’amer, le glutamate monosodique pour le goût umami et l’acide citrique pour l’acidité.

Les réactivités olfactives et gustatives ne sont pas corrélées. Les scores de néophobie ont été modestement mais significativement corrélés à la réactivité différentielle olfactive mais non gustative. En considérant le sexe, la réactivité olfactive et la néophobie ont été corrélées uniquement chez les garçons. Les garçons pourraient être plus sensibles que les filles aux odeurs alimentaires en raison de leur comportement plus explorateur que les filles.

Ces données montrent qu’il est important d’étudier la sensibilité olfactive et gustative de façon séparée pour déterminer leur association aux comportements alimentaires. Ces résultats suggèrent que le rejet de nouveaux aliments par les nourrissons mâles pourrait s’expliquer en partie par l’odeur de l’aliment. Ces résultats demandent à être confirmés par d’autres études.

Smell differential reactivity, but not taste differential reactivity, is related to food neophobia in toddlers

Monnery-Patris S, Wagner S, Rigal N, Schwartz C, Chabanet C, Issanchou S, Nicklaus S.

Appetite. 2015 Dec 1;95:303-9. 

Auteur : MONNERY-PATRIS S

Documents supports :
Brèves Nutrition N° 62 - Décembre 2015 - N62003